Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
Dans l’article L’explosion démographique, une peur vieille comme l’humanité, pour illustrer l'ancienneté de cette peur, je me suis tenu aux seuls éléments strictement nécessaires rencontrés dans l’un des plus vieux mythes connus, le mythe babylonien d’Atrahasis.
Ce mythe raconte à la fois l’origine de l’homme et le déluge. Il présente des similitudes avec le récit de la Genèse par des détails que j’ai passés sous silence.
C’est ainsi que dans l’épopée d’Atrahasis, l’homme fut tiré de l’argile à laquelle on mélangea le sang d’un dieu et la salive d’une déesse. Dans la Genèse, Yahvé modela l’homme avec la glaise du sol et lui souffla dans les narines un souffle de vie.
C’est ainsi que sept jours après que les pluies du déluge cessèrent, Atrahasis envoya une colombe à la recherche d'une terre émergée. La colombe revint au bateau. Puis il prit une hirondelle et la lâcha ; l'hirondelle revint aussi. Enfin, il envoya un corbeau ; le corbeau, ayant trouvé terre, ne revint pas. Il y avait donc une terre en vue, à laquelle le bateau d’Atrahasis aborda.
Bien que l’épisode de la colombe de Noé revenant avec un rameau dans son bec soit formellement l’inverse, il est clair que l’inspiration littéraire de ces deux récits est la même.
Il y a quelques jours seulement, bien après la rédaction de mon article, je lisais dans un article* de la revue Commentaire :
(…) les cosmogénèses babyloniennes expliquent la création de l’humanité par la volonté des dieux d’établir entre eux la paix en se déchargeant sur les hommes des durs labeurs qui furent cause de leur discorde. À l’opposé, la cosmogénèse judéo-chrétienne place un Dieu personnel à l’origine de la création de la personne humaine faite à l’image de son Créateur qui ne la façonna point pour le suppléer dans des travaux ingrats. Le passage de l’Impersonnel au Personnel, du tout indifférencié au particulier bien défini induit une vision du monde contradictoire avec celle du monde babylonien antique.
Par où l’on voit que la même source d'inspiration littéraire peut illustrer deux visions opposées de la transcendance.
* Le catholicisme comme religion politique en France, Jean-Louis Clément, Commentaire, Numéro133/Printemps 2001
JoYeUsEs PâQuEs !