Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
Jeudi dernier, au Téléphone sonne, sur France Inter, le sujet de la conversation mondaine était : Questions sur l'état de la terre 2011 : climat, manque d'eau, risques industriels, biodiversité, ressources naturelles mais pas éternelles…
Et encore : gros plan sur l'état d'une planète en devenir : changement climatique, risques industriels, industrie du nucléaire, biodiversité, ressources non renouvelables, pollution, alternatives économiques et changement de "modèle" de mode de vie.
Contrairement aux bonnes émissions, les invités étaient, à certaines nuances près, tous d’accord :
Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, revue de science économique dont le niveau scientifique ne dépasse guère celui de la science économique léniniste.
Lucien Chabason, conseiller à la direction de l’Institut du développement durable et des relations internationales. Développement durable jusqu’à quand ? Le durable, c’est bien long, surtout vers la fin !
Olivier Godard, Directeur de recherche au CNRS, économiste qui, dans sa jeunesse, n’a pas dit que des bêtises sur la gestion des risques mais qui, depuis, a tourné casaque versus « flatter l’opinion ». (Il devait avoir besoin de crédits pour son labo !)
En somme on s’est congratulé en famille, en se payant même le luxe de modérer quelques opinions écolo-extrémistes des auditeurs.
Je ne reviendrai pas ici sur toutes les idées reçues et les préjugés, sans compter quelques solides contrevérités, mises en avant pour contribuer à la « prise de conscience » écologique. Chacun pourra s’amuser en écoutant l’émission. Du pur jus mode Télérama ! L’aphorisme le plus souvent entendu : « Il faut changer notre mode de vie ». Merci pour la leçon de morale, qu’en tout état de cause personne, à commencer par ceux qui l’assènent, ne suivra !
Le point que je veux commenter aujourd’hui : les riches donnent le mauvais exemple.
À un auditeur qui s’indigne d’un projet de golf de trois cents hectares dans l’Allier, Guillaume Duval répond :
« C’est une question centrale, celle des inégalités. Tant que les riches ne seront pas obligés de changer de mode de vie et auront des modes de vie aussi gaspilleurs, avec autant d’argent à dépenser, on évoquait tout à l’heure les hôtels à six cents Euros la nuit ou à onze mille Euros la nuit, on aura beaucoup de mal à limiter nos gaspillages dans l’ensemble, non seulement parce que les riches gaspillent beaucoup mais surtout parce que leur mode de vie sert de modèle à l’ensemble de la planète.
Je ne sais pas pourquoi, mais Gala ou Voici vendent plus qu’Alternative économique et tant que les riches ne changeront pas de modèle ce sera très difficile de demander aux pauvres de se serrer la ceinture sur les émissions et de na pas rêver de vivre comme les riches, d’aller au golf en quatre-quatre à n’importe quelle saison et sous n’importe quelle latitude. »
Mes observations, en commençant par les accessoires et en terminant pas l’essentielle.
1° Que Monsieur Duval ne comprenne pas que Gala et Voici vendent plus qu’Alternative économique – que cela soit dit ironiquement ou non – montre sa profonde méconnaissance de l’âme humaine.
2° Les vrais riches, ceux qui se payent des hôtels à onze mille Euros la nuit, ne se rendent pas au golf en quatre-quatre mais en Porsche, en Lamborghini ou en Bentley. Ceux qui s’y rendent en quatre-quatre sont des classes moyennes supérieures. Monsieur Duval est un piètre sociologue.
3° Que le rédacteur en chef d’une revue qui se prétend de gauche regrette que le comportement des riches empêche de demander aux pauvres de se serrer la ceinture montre à quel point de déliquescence l’idéologie de gauche est tombée. Plus réactionnaire, c’est difficile à imaginer !
4° Monsieur Duval nous assène sans plus réfléchir que les riches donnent le mauvais exemple.
À la fin du quattrocento, lorsque les aristocrates florentins lancèrent la mode – importée de la cour ducale vénitienne – de l’usage de la fourchette dans les repas, que ne furent-ils vilipendés !
D’autant plus qu’user de la fourchette, quand on ne l’a pas appris dans l’enfance, est d’une difficulté qui conduit à des maladresses parfois ridicules. On accusa ces florentins d’excentricité, de dépravation et de décadence.
Aujourd’hui, cinq siècles plus tard, si, pour des raisons de sécurité par exemple, on interdisait la fourchette dans les prisons françaises, les belles âmes comme Monsieur Duval, à juste titre d’ailleurs, protesteraient contre une atteinte insupportable aux droits de l’homme et à la dignité des prisonniers.
Pascal a dit : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »
En le paraphrasant, on pourrait dire :
« Privilège d'aujourd’hui, droit imprescriptible de demain. »
Tel est l'un des moteurs du progrès social.
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