Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.

Avec le retour du printemps, promenade à Nans-Sous-Sainte-Anne, petit village du sud du département du Doubs, près des sources du Lison, dans un site admirable.

A part l’agriculture on essaye de s’y livrer à des activités touristiques de faible ampleur : ski de fonds l’hiver et randonnée a pieds ou à dos de mulet l’été. Sur la porte du gîte d’étape, cette inscription : « Nature et Randonnée ».
Ça invite à réfléchir au concept de nature. Mis à part une ou deux falaises typiques du relief karstique jurassien, le paysage de ce coin de pays est entièrement façonné par le travail des hommes, agriculteurs et forestiers, travail sur, et contre, la nature.
Confusion mentale propre à notre postmodernité ou slogan commercial ? Il fut un temps où ce que l’on appelle aujourd’hui « la nature », nous l’appelions tout simplement « la campagne », réservant plutôt le mot de nature aux espaces restés sauvages : haute montagne, déserts, etc.

Au siècle dernier Tourgueniev intitulait une de ses pièces Un mois à la campagne et, il n’y a guère que quelques années, le très beau film de Bertrand Tavernier s’appelait Un dimanche à la campagne.

Aujourd’hui on dit plutôt : « – Qu’est-ce que tu fais ce week-end ? – Je vais me ressourcer dans la nature », quand on ne va que musarder, après ou avant des embouteillages épuisants, dans le bocage normand ou gâtinais.

La Dombes est le résultat de l’aménagement entrepris depuis presque mille ans, peut-être plus, de terres marécageuses tout ce qu’il y a de plus naturelles, en étangs parfaitement artificiels et minutieusement entretenus en vue d’approvisionner les lyonnais en poisson et de réduire la malaria.
Aujourd’hui les paysages d’étangs, Sologne, Brenne, Dombes, comptent parmi les plus beaux de notre pays, à cause de la lumière très particulière qui s’y déploie. Mais c’est presque le contraire de la nature : c’est la nature refaite par l’homme. Et c'est au nom de ce qu’ils imaginent être la protection de la nature que nos écolos veulent protéger les zones humides !
Il y aurait sans doute moins de confusion dans les débats sur l’environnement si l’on avait plus le souci de distinguer la nature sauvage de celle revisitée par l’homme.