Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
D'après Malthus (1766–1834), la population s’accroit selon une progression géométrique (aujourd’hui au mot « géométrique » les mathématiciens préfèrent souvent celui « d’exponentiel ») tandis que les ressources alimentaires s'accroitraient seulement selon un rythme « arithmétique ». Cela doit aboutir à une restriction de la population, soit en application d’une politique volontariste soit selon un ajustement « naturel », par la faim ou la maladie. Bien que constamment démentie par les faits depuis deux siècles, cette théorie sert encore de fond intellectuel à la plupart des écologistes, qui selon les cas, osent ou non l’avouer.
Dans leur ouvrage La nouvelle écologie politique, Jean-Paul Fitoussi & Éloi Laurent donnent les chiffres suivants :
| POPULATION MONDIALE ET NIVEAU DE VIE, de l'an 1 à l'an 2000 | ||
| Année | Population (en milliers) | Production par tête (en « dollar international ») |
| 1 | 225 000 | 467 |
| 1000 | 267 000 | 453 |
| 1500 | 438 000 | 566 |
| 1820 | 1 041 000 | 667 |
| 1900 | 1 563 000 | 1262 |
| 1950 | 2 525 000 | 2113 |
| 1970 | 3 685 000 | 3736 |
| 2000 | 6 061 000 | 6055 |
Les auteurs précisent : « Le niveau de vie moyen de l’humanité a davantage augmenté entre 1990 et 2000 qu’entre l’an 1 de notre ère et 1820. Plusieurs milliards d’individus sont ainsi sortis de la misère ou sont sur le point de s’en extraire. »
Par où l'on voit que non seulement la population mondiale, avant et après Malthus, n'a cessé de s'accroître, mais encore de s'enrichir.

L’erreur des malthusiens modernes est de considérer que les ressources sont limitées alors qu’en vérité l’accroissement des connaissances et des techniques disponibles ne cesse de repousser les frontières des ressources exploitables.

Selon le rapport inaugural du club de Rome intitulé « Halte à la croissance ? » datant de 1968, le mercure aurait dû s'épuiser en 1983, l'or en 1984, l'étain en 1987, le zinc en 1990, le pétrole en 1992, le cuivre et le plomb en 1993, le gaz naturel en 1994 ! Pour l'uranium c'était « avant la fin du siècle » !

Autre illustration : le coût d’opé-rations telles que les additions et les multiplications a été évalué à 19 700 dollars par million d’opérations en 1890, contre 30,5 dollars en 1950 et 0,0000000729 dollar en 2000.

C’est aussi oublier que plus l’humanité s’enrichit, plus la croissance est composée de services plutôt que de biens matériels.
Lors d’un choc pétrolier, un dirigeant arabe de l’OPEP avait déclaré que l’humanité ne viendrait pas à manquer un jour de pétrole ; à l'appui de sa thèse il rappelait que dans les temps préhistoriques l’humanité n’avait pas fini par manquer de silex, parce qu’avant que cela n'arrive la métallurgie avait été inventée.

Cette déclaration rejoint la sagesse ancestrale de l'histoire des deux hommes de Cro-Magnon qui, revenant de la chasse aux mammouths, bavardent. L’un dit : « Tu sais, je crois qu’il y aura six milliards d’être humains dans 40 000 ans. » – « Tu es fou. Il n’y aura jamais assez de mammouths. Il faudrait au moins 1000 planètes ! »
À la faute morale, les écologistes ajoutent donc la faute intellectuelle. Si cette faute était encore excusable du temps de Malthus, elle ne l'est plus !
Centrale nucléaire du Tricastin
L'avenir est à la nouvelle génération EPR