Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
Pour un grand nombre de Français, les produits « bio » ont une image positive de produits naturels, car cultivés sans produits chimiques. Ils seraient donc meilleurs pour la santé que les produits issus de l’agriculture conventionnelle, dont il est dit couramment par les militants du « bio », qu’ils sont « bourrés » de pesticides.
Cette affirmation est totalement gratuite et parfaitement infondée.
L’utilisation des pesticides par les agriculteurs et les résidus de pesticides sur ou dans les produits agricoles sont étroitement réglementés et contrôlés de façon à protéger de façon très efficace la santé des consommateurs.
La réglementation édicte pour chaque pesticide et chaque médicament vétérinaire une dose journalière admissible (DJA). La DJA est la quantité d'une substance dans les aliments ou dans l'eau potable qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute une vie sans risque pour la santé. Elle est exprimée en milligrammes de substance par kilogramme de poids corporel et par jour.

C'est la référence de toxicité à long terme (encore appelée toxicité chronique) pour l'homme. La DJA et calculée a partir de la dose maximale ingérée quotidiennement par un animal sensible, durant toute sa vie, sans effet toxique observé sur lui ou sur sa descendance.
Pour extrapoler à l’homme, cette dose, observée expérimentalement selon une batterie de tests réglementés, est ensuite divisée par un coefficient de sécurité allant de 100 à 1000 selon la classification de la substance active. Les effets toxiques recherchés sont notamment les effets cancérigènes, mutagènes et les effets sur la reproduction (fertilité, développement et périnatalité).
La DJA est une dose admissible quotidiennement sur toute une vie. Elle peut donc être occasionnellement dépassée. Une exposition à court terme à des niveaux supérieurs à la DJA ne présente pas un danger, à condition que, en moyenne, la dose ingérée par le consommateur sur de longues périodes de temps ne dépasse pas sensiblement le niveau fixé.

La présence de résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires dans les produits mis en marchés doit être inférieure à une limite réglementaire appelée limite maximale de résidus (LMR). La LMR est définie pour l’association d’une substance et d’un produit.

Cette limite maximale est calculée en fonction de différents critères dont celui qui vérifie qu’en consommant à leurs LMR respectives les produits d'une ration alimentaire normale , le consommateur n’ingère pas plus que la dose journalière admissible.
Le respect des LMR fait l’objet de contrôles par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Lorsque ce service de l’État dispose d’informations sur le risque qu’une marchandise connaisse un dépassement de sa LMR, les contrôles, qui sont alors dits « ciblés », ne peuvent être considérés comme statistiquement représentatifs de la situation générale.
Mais cette administration réalise aussi un plan de surveillance au hasard, dont les résultats donnent une indication sur la situation française au regard des dépassements de LMR. La DGCCRF publie chaque année sur Internet les résultats de ce plan de surveillance. Chacun peut donc les consulter (voir bibliographie).
L’évolution de 2002 à 2007 des résultats de ce plan de surveillance sur les fruits et légumes frais figure dans le tableau suivant :
| Année | Nb d'échantillons analysés | Nb d'échantillons non conformes | Pourcentage de non conformités |
| 2002 | 3773 | 338 | 7,8% |
| 2003 | 3375 | 235 | 7,5% |
| 2004 | 3323 | 126 | 3,9% |
| 2005 | 3098 | 214 | 6,7% |
| 2006 | 3468 | 207 | 6,0% |
| 2007 | 3742 | - | 7,6 % |
Ces résultats portent sur des produits commercialisés en France, d'origine française ou étrangère. Pour avoir plus de détails sur les résultats de ce plan de surveillance on se référera aux liens indiqués en bibliographie.

Une chose est certaine, nous pouvons manger des fruits et légumes et de tous les produits alimentaires non « bio » sans crainte.
Bibliographie
Enquêtes 2006 sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes
Surveillance et contrôle des résidus de pesticides dans les produits d'origine végétale en 2007
Résidu, Limite Maximal de Résidu (LMR) : Qu'est-ce ?
Les méthodes d'études en toxicologie alimentaire

Monoculture du citronnier en Campanie