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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 17:58





Une nouvelle maladie est née. L’électrosensibilité. Sa cause est la vie à proximité d’antennes relais de téléphonie mobile.




Cette maladie a une réalité : des symptômes tels que maux de tête, nausées, démangeaisons, etc.



Sa cause prétendue, celle à laquelle les patients croient dur comme fer, n’est sans doute qu’une apparence. Des études conduites par des psychiatres ont montré que des patients électrosensibles souffrent des mêmes symptômes quand on leur fait croire qu’il y a une source d’ondes à proximité alors qu’il n’y en a pas.



Ce phénomène s’appelle l’effet nocebo, autrement dit un effet placebo à l’envers. On soupçonne que l’information anxiogène joue un rôle dans le déclenchement de ces symptômes, qui sont aussi ceux provoqués par le stress, la peur, la panique.



L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) désigne ce phénomène sous le nom d’hypersensibilité électromagnétique (HSEM) qu’elle rattache plus généralement à l'intolérance environnementale idiopathique (IEI), qui rassemble les intolérances à divers facteurs environnementaux n'impliquant aucune étiologie chimique ou aucune sensibilité de type immunologique ou électromagnétique.





Les lecteurs que le sujet intéresse pourront se reporter au document de l’OMS indiqué en bibliographie.






Ceux que la rédaction scientifique et officielle du texte de l’OMS peut rebuter, trouveront une illustration concrète et drôle de cet effet nocebo en visionnant la vidéo Saint-Cloud : Mobilisation contre trois antennes relais (moins d’une minute et demie).


Bibliographie


OMS, Champs électromagnétiques et santé publique, Hypersensibilité électromagnétique


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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 23:29





Antoine Waechter aurait déclaré un jour que, s’il y avait eu des écologistes au xixe siècle, ils se seraient opposés au chemin de fer.
J’aime bien Antoine Waechter : c’est mon écologiste préféré, car il dit tout haut, il nous dévoile, l’informulé de l’écologisme.





Pour les jeunes générations qui ne sauraient pas qui est Antoine Waechter, il est un peu l'ancêtre, au sens politique du mot, le mammouth quoi, de l'éléphant Daniel Cohn Bendit.

Avec le principe de précaution, d’invention récente, et dont la formulation officielle défie la logique et le bon sens – alors ne parlons même pas de son acception courante dans laquelle il devient principe d’immobilisme ‒ la liste serait bien longue des progrès dont bénéficie l’humanité qui auraient été laissés au placard.


Gageons que si on avait mis en application le principe de précaution, on n’aurait développé ni la vaccination – inoculer le germe de la maladie, vous n’y pensez quand même pas ! ‒ ni le gaz à tous les étages – les explosions domestiques ont fait un nombre incalculable de victimes, dont bien des innocents, si l’on pense aux malheureux voisins des imprudents qui avaient oublié de fermer leur compteur avant de partir en vacances ! ‒ ni l’énergie nucléaire, qui a jusqu’ici fait bien moins de victimes que le charbon avec ses coups de grisou et ses silicosés.


 


 

 

 

Le DDT a sauvé des millions de personnes de la malaria et on a évalué que l’abandon de son usage, sous la pression de l'opinion écologiste,  a conduit au résultat merveilleux de plus de quarante millions de morts – humains, j’entends  ‒  de cette maladie.



 



Pour l’instant des millions d’hectares sont régulièrement semés aux États-Unis avec des OGM. On n’a pas connaissance de victimes chez les consommateurs américains.


 

Le coton transgénique permet d’économiser 70 % de pesticides, c’est toujours ça qui ne se retrouve pas dans la « nature ». Il permet aux paysans asiatiques qui l’utilisent d’accroître leur revenu, jusqu’à le quintupler, malgré le coût supérieur des semences. Il n’y a donc pas que Monsanto et consort qui en tirent profit.


 



Les allergologues placent beaucoup d’espoirs dans la création de variétés anallergiques, notamment d’arachide et de blé. Mais pour cela il faut continuer les recherches et donc cesser de détruire les labos où on les expérimente.

 

Il n’est pas étonnant que, jusqu’à la récente crise, les Américains aient connu un taux de croissance plus élevé que la vieille Europe. Ils croient encore au progrès technique alors que nous ne sommes plus capables que d’être une Europe assoupie et craintive.


 





Je recommande la lecture du roman
Pourquoi j’ai mangé mon père,
de Roy Lewis. Les ressorts psychiques et sociaux de la résistance au changement, en l’occurrence l’adoption de l’usage du feu dans une tribu paléolithique, y constituent la toile de  fond  de l’intrigue, avec un humour tout British. Il fait comprendre les inhibitions individuelles et collectives à l'innovation. Comme dit la sagesse populaire : On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne. C’est un livre très drôle et il fait rire même les écologistes.











Pour donner envie de lire Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis, extrait de la présentation de l'éditeur, sur Amazon :

Vercors a ri, Théodore Monod a ri, tout le monde salue l'humour dévastateur et ethnologique de Roy Lewis. Utilisant avec réussite le principe ancien qui consiste à transposer dans une époque (la préhistoire), la pensée d'une autre (la nôtre), Roy Lewis nous conte les efforts de nos ancêtres les demi-singes dans leur lutte acharnée pour la survie et la prospérité de l'espèce. Voilà que nos ancêtres sont à la croisée des chemins, face à une nature hostile et à une foule de prédateur. Un tournant de l'évolution qu'il est crucial de négocier en douceur, sous peine d'extinction. Or, voilà qu'Édouard, hominien à l'esprit éclairé, découvre le feu. Une trouvaille qui sauve la famille certes, mais déplaît fort à son frère Vania, qui prédit la fin du monde, milite pour la viande crue et le retour dans les arbres... Roy Lewis fait ici de l'anachronisme sa seule loi et revisite avec brio les grands thèmes de société : l'éducation, le rôle de la femme ou l'éternel combat entre progressistes et réactionnaires. (…)

Principe de précaution (billet d'humeur)














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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 23:18




Tibère, successeur direct d'Auguste, est bien connu pour avoir régné du temps où un certain Ponce Pilate officiait comme procurateur dans un territoire lointain et excentré, dont une des principales villes s'appelait Jérusalem. Une sorte de neuf-trois de l'Empire, en somme.






Mais ce qu'on ignore le plus souvent c'est qu'une crise financière d'une gravité équivalente à celle des subprimes a secoué Rome, sous son règne, en l'an 33 ap. J.-C.




Écoutons Tacite, qui nous en fait le récit dans les Annales.








Cependant, un grand nombre d'accusateurs se déchaînèrent sur les gens qui accroissaient leur fortune par le prêt à intérêt, contrairement à une loi du dictateur César fixant les limites des créances et des propriétés en Italie, une loi qui, depuis longtemps, n'était plus respectée parce que l'on fait passer l'intérêt privé avant le bien public. L'usure fut de tout temps le fléau de cette ville, et une cause sans cesse renaissante de discordes et de séditions. Aussi, même dans des siècles où les mœurs étaient moins corrompues, on s'occupa de la combattre. D'abord, en effet, les Douze Tables avaient interdit d'exiger un intérêt supérieur à un douzième*, qui, auparavant, n'avait de bornes que la cupidité des riches ; puis, sur une proposition de loi déposée par les tribuns, on le réduisit à un demi-douzième ; finalement, les emprunts à intérêt furent interdits. De nombreux plébiscites tentèrent d'empêcher les infractions qui, tant de fois réprimées, se reproduisaient avec une merveilleuse adresse. Le préteur Gracchus, devant qui se faisaient les poursuites dont nous parlons ici, fut effrayé du grand nombre des accusés et consulta le sénat. Les sénateurs alarmés (car pas un ne se sentait irréprochable) demandèrent grâce au prince. Leur prière fut entendue, et dix-huit mois furent donnés à chacun pour régler ses affaires domestiques comme la loi l'exigeait.




D'où pénurie de numéraire, du fait que toutes les créances furent mobilisées à la fois et parce que, en raison du grand nombre de condamnés et de la vente de leurs biens, l'argent monnayé était accumulé par le fisc ou le trésor public**. En outre, le sénat avait prescrit que chacun investît les deux tiers de l'argent, jusque-là placé à intérêt, en terres situées en Italie. Mais les créanciers réclamaient la totalité de ce qui leur était dû et il n'eût pas été honorable, de la part des débiteurs, de ne pas tenir leurs engagements. En vain ils courent, ils sollicitent ; le tribunal du préteur retentit bientôt de demandes. Les ventes et les achats, où l'on avait cru trouver un remède, augmentèrent le mal parce que les créanciers avaient employé tout leur argent à acheter des terres. L'abondance des biens à vendre ayant entraîné une baisse des prix, plus on était endetté plus on avait de mal à trouver acheteur et bien des gens voyaient leur fortune s'effondrer ; la ruine du patrimoine entraînait l'écroulement de la situation sociale et de la réputation, jusqu'au jour où Tibère mit à la disposition des banques une somme de cent millions de sesterces, avec la faculté de prêter sans intérêt pendant trois ans, si le débiteur fournissait à l'État en bien-fonds une caution du double. Ainsi le crédit se trouva rétabli et peu à peu il y eut même des particuliers pour prêter.
 

* Un douzième par mois, soit 100 % par an !
** Le produit de la vente des biens confisqués aux condamnés pour crime de lèse-majesté, principalement, était versé, après déduction de la récompense légale pour l'accusateur, soit au trésor particulier de l'empereur (fiscus), soit au trésor géré par le sénat (aerarium).


Par où l'on voit que les crises financières sont bien plus anciennes que le néo ou l'ultralibéralisme accusés de tous les maux par certains de nos contemporains !!!

Dans un cas une restriction trop drastique du crédit conduit à la crise, dans l'autre cas c'est le crédit accordé trop abondamment. Mon pauvre Monsieur, l'économie politique c'est bien compliqué ! Est-il bien raisonnable de laisser les idéologues faire joujou avec ?



Bibliographie



Tacite, Annales. Chapitre VI. XVI - XVII. Coll. Folio












                                                                     La mort de Tibère

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 14:05



La première croisade fut entreprise pour libérer Jérusalem de l’emprise des Turcs Seldjoukides et rétablir la possibilité pour les chrétiens d’effectuer le pèlerinage à Jérusalem interdit par les maîtres des lieux musulmans.
Après la prise de Jérusalem par les Croisés en 1099 tous les problèmes ne furent pas résolus pour autant. Entre le port où ils débarquaient, Acre le plus souvent, et Jérusalem, les pèlerins faisaient fréquemment l’objet d’attaques, dont les visées étaient couramment le brigandage.



 

 






Fin 1119 – début 1120, l’ordre du Temple fut fondé par deux chevaliers français, Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer, sous le nom de l'ordre des pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin pauperes commilitones Christi Templique Solomonici). La mission assignée à l’ordre était de protéger les pèlerins sur les routes de Terre sainte menant à Jérusalem.




 






L’ordre était un ordre religieux et militaire. Religieux, car ses membres prononçaient les voeux de pauvreté, chasteté et obéissance et suivaient une règle. Ce n’étaient pas, comme on l’a souvent écrit à tort, des moines-soldats, car ils ne vivaient pas une vie monastique, ils vivaient dans le siècle.
 



 



Après une procédure de reconnaissance pontificale achevée en 1129, l’ordre prit son essor et connut son apogée au xiiie siècle.

 




L’ordre reçut de nombreuses donations et bénéficia de legs. Il fallait financer les chevaliers qui se battaient en Orient, leur cavalerie, leur armement et la construction de leurs forteresses. Cela coûtait fort cher. Les Templiers stationnés en Occident, organisés en commanderies, constituaient l’arrière et avaient pour mission de procurer les fournitures et les financements nécessaires aux combattants. Ils durent, nécessité faisant loi, se montrer d’habiles gestionnaires.

 










Ils réorganisèrent de façon rationnelle, par voie d’échanges, de ventes et d’achats, les bien-fonds dont ils avaient hérité un peu au hasard. Un remembrement avant l’heure, en somme !


 

Ils favorisèrent la production agricole sur leurs terres. Ils furent d’actifs défricheurs. Le grand mouvement de défrichement des xiie et xiiie siècles attribué aux ordres monastiques fut l’œuvre des Cisterciens d’une part et des Templiers de l’autre. Comme ils constatèrent qu’un paysan libre était beaucoup plus productif qu’un serf, à chaque fois que cela leur fut possible sans heurts trop violents avec l’aristocratie locale, ils émancipèrent leurs serfs. Ils pratiquaient le métayage mais ils avaient une préférence pour le fermage, qui mettait leurs revenus à l’abri des aléas des récoltes.




 

Ils favorisèrent les progrès techniques, aussi bien dans l’agriculture que dans l’élevage, lequel était nécessaire à la fourniture de montures et de laine aux chevaliers combattants d’Orient. Idem pour toutes sortes d’activités artisanales utiles à l’exploitation de leurs domaines ou à la fourniture « aux armées ».



 





Comme ils étaient, du fait de leur vœu d’obéissance, mobilisables très rapidement, bien plus rapidement en tout cas que les vassaux qui ne disposaient pas d’armée permanente d’une part et qui n’en faisaient plus ou moins qu’à leur tête malgré leur serment de fidélité d’autre part, ils furent très appréciés par les chefs des États latins d’Orient pour leur appui dans les guerres contre les musulmans. Leur mission habituelle et statutaire d’accompagnateurs sur les routes de Palestine conduisit à ce qu’on leur confia le plus souvent l’avant-garde ou l’arrière-garde des armées en déplacement, ce qui les exposa à de nombreux combats. Disciplinés, ils se montrèrent d’excellents soldats. On peut dire qu’après la disparition des Légions romaines, plusieurs siècles plus tôt, ils réinventèrent la discipline militaire moderne.




 

 



Ils avaient l’habitude de transporter les marchandises et l’argent vers l’Orient. L’expérience acquise les conduisit à faire ce genre d’opération pour le compte d’autrui. Pour faciliter les mouvements, ils inventèrent la lettre de change. Ils rendirent aussi le service de mettre de nombreux trésors, y compris le trésor royal, sous la très efficace protection de leurs coffres et forteresses. S’ils n’inventèrent pas la comptabilité à partie double, leurs clients étaient néanmoins fort satisfaits de la façon dont leurs comptes étaient scrupuleusement tenus. Ils furent donc d’efficaces et inventifs banquiers.





 

 



Après la disparition du dernier royaume franc de Palestine, avec la chute de Saint-Jean d’Acre
le 16 juin 1291, la pérennisation de l’ordre devenait difficile à justifier.




Le 13 octobre 1307 tous les Templiers du royaume de France furent arrêtés par ordre du Roi. Le Temple fut la victime de Philippe le Bel, réformateur et instaurateur implacable d’une monarchie qui ne voulait pas de concurrents à son pouvoir.







L'ordre, sans être condamné, fut dissout en 1312 par le pape Clément V.









En 1314 son grand maître Jacques de Molay, et Geoffroy de Charnay, déclarés relaps, furent brûlés à Paris sur l'île aux Juifs. 
 











Il n’est pas le lieu ici d’entrer dans cette histoire de la fin du Temple, sauf pour regretter qu’elle ait fait l’objet d’ouvrages de vulgarisation bien plus souvent que ça n’a été le cas de  l’œuvre modernisatrice accomplie par l’ordre sur les plans militaire, technique, social, économique et financier, durant plus d’un siècle et demi.

 

Lire aussi l'article Richerenches, village templier

Bibliographie

 


Alain Demurger, Les Templiers : Une chevalerie chrétienne au Moyen Age, Éd. du Seuil

 







Laurent Dailliez, Les Templiers, Éd. Perrin

 









Michel Lamy
, Les Templiers
, Éd. Aubéron






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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:03


Ricarensis, le 12 mai 2009

 






Cher ami,

Le printemps est enfin arrivé. Bien tardivement, mais enfin ne nous plaignons pas, il est là.

 

Vous m'écrivez que lors de vos interventions en qualité d’agronome au café philosophique de votre ville ou à la MJC de votre quartier vous ne cessez de faire l’objet d’attaques qui visent l’agriculture moderne, qualifiée avec mépris de productiviste et d’intensive. Vos arguments rationnels, tels que ceux que vous avancez dans votre article  Vive l'agriculture intensive et productiviste , ne sont pas entendus, pas même écoutés. Dans notre monde à l’émotivité débridée, la raison n’est sans doute pas la meilleure façon de convaincre.

 

Puisque de nos jours la parole est chassée par l’image, le discours le plus susceptible d’être reçu est peut-être le langage imagé. Je vous suggère donc d’essayer de présenter les choses à vos interlocuteurs de la façon qui suit.

 

En France on compte un peu moins d’un demi-hectare de surface agricole utile par habitant. Un demi-hectare c’est très exactement 5000 mètres carrés.


Si vous avez la chance d’avoir un grand-père (ou d’en avoir eu un dont vous avez gardé le souvenir) qui dispose d’un potager à la campagne, 5000 mètres carré c’est un peu plus grand que son potager, mais à vrai dire ce n’est quand même pas très grand.




La prochaine fois que vous irez à la campagne, faites-vous montrer une parcelle d’un demi-hectare entourée de haies sur ses quatre côtés ; vous constaterez que ce n’est vraiment pas grand-chose.



Sur ces 5000 mètres carrés, on vous nourrit toute l’année.

 

On y produit :

 
- tout le lait que vous consommez sous toutes ses formes (lait, yaourt, fromages, crèmes dessert, beurre, beurre des galettes bretonnes et de toute la pâtisserie-biscuiterie),

 





- toute la viande et la charcuterie que vous consommez : bœuf, veau, porc, volaille,

 






- tout le vin que vous buvez,

 









- tous les fruits et légumes cultivables sous nos latitudes,

 









- toutes les céréales que vous consommez sous diverses formes : pain, pâtisserie, biscuits, pizzas …

 

- en plus de tout ça, on produit, sur ces malheureux 5000 mètres carrés, de quoi exporter suffisamment pour payer à l’étranger tout ce que vous mangez et buvez et qu’on ne produit pas en France : le riz, les oranges, les pamplemousses, les bananes, votre café et votre thé quotidiens, votre cacao, sans oublier votre whisky préféré, votre vodka et même le caviar des jours de (grande) fête.

 

Si vous voulez vous nourrir avec les produits d’une agriculture extensive, une vraie agriculture extensive, pas une agriculture extensive issue de réformettes à la bruxelloise ou à la José Bové, mais une agriculture où la France serait transformée en un vaste pâturage avec une vache pour trois hectares, il vous faudra vous nourrir presque en totalité avec des produits d’importation.

 

Evidemment la viande argentine et le lait de Nouvelle-Zélande vous reviendront moins cher et le mouton australien ne coûtera rien au contribuable européen.

Mais sachez qu’en Argentine la moitié du cheptel bovin à viande est élevé dans la pampa dans des conditions de parasitisme tellement lamentables qu’on passe régulièrement les animaux aux insecticides de choc et que l’autre moitié est engraissée dans de gigantesques feed-lots intensifs où il n’y a pas de raison qu’on n’y pique pas moins les animaux que dans ceux d’Amérique du nord.

Quant à la Nouvelle-Zélande, sachez que là-bas il n’y a pas que de vastes pâturages bien verts dans des régions pluvieuses, mais que l’agriculture extensive y consiste aussi, quand on exploite des terrains en bordure de l’océan, dans des régions plus sèches, à les irriguer avec de l’eau de mer et après quelques années, lorsqu’ils sont stérilisés par l’accumulation de sel, à les abandonner à la nature pour recommencer la même opération un peu plus loin.

 

Espérant vous avoir aidé dans votre rude tâche, j’attends avec impatience de vos nouvelles, tout en souhaitant vous revoir prochainement,

 

Votre ami de toujours,

 

Viticulteur à Ricarencis.


 

 

 


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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 00:04


Ricarensis,
in Comitatu Vendaxino
Le samedi 9 mai de l'an de grâce 2009 après N.S
. J-C
.

 

 

 


Très chère et vieille amie,

 

Vous ayant trop longtemps laissée sans nouvelles, vous m’en avez mandé, m’écrivant : « Je suis toujours en vie. C’est merveilleux , non ? Et vous ? »

 

C’est en effet merveilleux , pour ne pas dire miraculeux .  Je ne sais comment vous avez fait pour échapper à la vache folle, à la canicule, au tabagisme passif, à la grippe aviaire, à la grippe porcine, sans oublier la grippe humaine, à Listeria monocytogenes, à Salmonella typhimurium, à Legionella pneumophila, à l'amiante qui nous cerne de partout, aux pesticides, au bisphénol A, aux dioxines, aux phtalates, aux mycotoxines dans les produits bio, aux OGM fous fabriqués par des fous, aux antennes relais et à tout le reste.

Vous avez sûrement eu un sacré coup de chance. Ou alors vous avez été boostée par la parole du grand chaman Nico ou de la grande prêtresse Ségo, car l'on sait que face à la mort il n'y a que la foi qui sauve. 

 

S'il veut être élu, je pense que le prochain candidat à la présidentielle devra inscrire à son programme la promesse de l'immortalité pour tous. C'est ce que l'opinion attend avec impatience nous dit le dernier sondage Ipsos-Sofres commandé par l'épiscopat, qui voit ainsi le rôle de la religion amoindri au bénéfice de la politique et qui en a tiré des commentaires très amers.

 

Heureusement l'islam, en promettant ses houris aux jeunes mâles, sauvera la religiosité française de l'extinction. Ce sera la seule religion à survivre en France d'ici quelques décennies, car elle n'a pas d'états d'âme, elle ! C'est pourquoi l'épiscopat français s'est prononcé contre la loi interdisant le port du voile à l'école. Les évêques sont prêts à se convertir, ils préfèrent encore une autre religion que pas de religion du tout.

 

Bien à vous pour l'éternité,

 

Votre infiniment dévoué,

 

Lorenzo della Villa Urbana, pauper commilito Christi Templique Salomonici











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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 00:31


Au xixe siècle en Europe, la population des villes s’accroissait notablement et la consommation de viande se développait avec l’élévation du niveau de vie. Aussi, la destination des déchets des abattoirs, qui étaient installés aux portes des villes, était un problème d’hygiène publique difficile à résoudre. Il était devenu impossible de les jeter au caniveau comme au temps du roman de Süskind Le parfum et les jeter à la rivière ou au fleuve n’était pas non plus trop recommandable.

 



Un grand chimiste et industriel allemand, Liebig, celui des potages et des engrais, mit au point un procédé d’utilisation rationnelle de ces déchets : par dessiccation ils étaient transformés en farines, facilement stockées et transportées. Ces farines fournissaient une excellente source de protéines animales aux porcs et aux volailles, animaux omnivores, faut-il le rappeler ?

 

 


Je ne sais quand on eut la première fois l’idée d’en mettre dans la ration des vaches. Mais durant la guerre de 14-18 la pénurie de beaucoup de denrées agricoles et alimentaires s’était fait jour à cause du grand nombre de paysans et de travailleurs agricoles mobilisés. Dans cette situation, la récupération de toute matière utilisable est bienvenue. Aussi dans les almanachs agricoles de cette époque trouve-t-on des recettes pour l’incorporation de farines carnées dans la ration des vaches. On voit donc que nourrir les vaches avec des farines carnées n’a pas attendu l’agriculture  « productiviste » pour entrer dans la pratique.

 


Durant la deuxième guerre mondiale les Britanniques ont souffert d’une pénurie de biens agricoles et alimentaires, plus grave encore, du fait de leur grande dépendance, historique, d’approvisionnements extérieurs et du fait du blocus naval allemand (la fameuse bataille de l’Atlantique). A l’issue de la guerre, traumatisés par cet épisode, les britanniques ont conduit une politique de récupération de toutes les sources possibles de protéines.




Dans cette optique, pour l’alimentation du bétail, ils ont cherché à réduire le recours aux protéines végétales importées. La production de luzerne n’est favorisée ni par le climat ni par les sols britanniques. Dans ces conditions, les sujets de sa gracieuse Majesté ont recouru de façon généralisée aux farines carnées pour l’alimentation des animaux de rente de toutes espèces, y compris les bovins.

 



Pendant ce temps, les pays de ce qui s’appelait alors la CEE, ou plus communément le Marché Commun, avaient dû accorder aux USA une entrée libre aux tourteaux d’oléagineux américains, en échange de la mise en place de la politique agricole commune, fortement protectionniste. En Europe continentale, donc, la complémentation de la ration des bovins était à base de protéines végétales importées.



 

Les procédés d’extraction des graisses des déchets d’abattoirs pour obtenir des farines carnées maigres requerraient une extraction à chaud avec solvant cyclique (hexane). C’était un procédé dangereux pour la santé des travailleurs et en outre fortement soumis à des risques explosifs. Des accidents mortels étaient intervenus. Lorsqu’on réussit à mettre au point un procédé d’extraction des graisses par pression à froid, celui-ci se généralisa, et ce d’autant plus rapidement après le premier choc pétrolier, que ce dernier rendait plus facilement amortissable un changement d’équipement.

 



Certains scientifiques pensent que la diffusion de l’ESB dans le cheptel bovin britannique a trouvé son origine dans ce changement de procédé industriel. A froid et sans solvant organique, l’agent infectieux (qui pourrait être soit celui de la tremblante du mouton soit celui d’une ESB jusqu’alors sporadique) n’aurait plus été inactivé et se serait multiplié à chaque génération de bovins dont les déchets étaient transformés en farines carnées.

 

D’autres scientifiques, et c’est à ceux-là que le rapport de la commission d’enquête britannique officielle ‒ dite Commission Phillips – a donné raison, estiment que la transmission et le recyclage multiplicatif de l’agent n’ont rien à voir avec le changement de procédé de fabrication des farines de viande. Selon cette thèse, l’encéphalopathie spongiforme bovine serait issue d’une mutation de la protéine prion apparue tout à fait par hasard et, par malchance pour les britanniques, en Grande-Bretagne. Elle se serait propagée de façon indépendante du changement de procédé industriel.

 


Quelle que soit l’hypothèse retenue on voit que l’origine de cette maladie et de sa propagation assez foudroyante est fort peu explicable par le paradigme de l’agriculture « productiviste ».

 

Sa transmission au continent est une autre question, qui est elle-même à mettre en relation avec le commerce européen de produits carnés britanniques.

 

Il convient de noter au passage que les Britanniques ont été accusés d’avoir troqué un procédé de fabrication assainissant pour un procédé recyclant l’agent infectieux, pour des motifs d’ordre bassement lucratif, alors que ce changement trouve son origine dans des préoccupations de sécurité du travail (même s’il a pu être facilité ensuite par une modification des conditions économiques).

 

Ainsi naissent et courent les rumeurs…

 

Celles qui font plaisir à l’idéologie, c’est à dire aux croyances.


Bibliographie
 
Sur Justus von Liebig : Pierre Feillet, La nourriture des Français, Éd. Quæ, p. 55 et 56, http://books.google.fr/books?id=Sr8b-uK4w_8C

Le rapport de la commission Phillips : http://www.bseinquiry.gov.uk/


A propos du rapport de la commission Phillips, École vétérinaire de Lyon :
http://www2.vet-lyon.fr/ens/nut/webBromato/cours/farinean/legislat/Phillips.html

 

 

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 00:07

 



Le progrès de la productivité du travail humain remonte aux origines de l’humanité.




Les paléontologues ont montré qu’au paléolithique, déjà, sa vitesse n’était pas constante et qu’il allait toujours s’accélérant. Comme la productivité du travail humain à ces époques reculées ne peut être mesurée directement on l’a mesurée indirectement par l’efficacité ou la maniabilité des outils : c’est ainsi que les paléontologues ont constaté que le rapport entre la longueur utile du tranchant et la masse de la pierre taillée allait en augmentant et ceci de façon accélérée.

 


Lorsque j’entends les éternelles jérémiades contre le souci de rentabilité, contre la productivité, le règne de l’argent roi, etc. j’aime bien répondre :

 


L'homme est ainsi fait qu'il est
cupide et paresseux.

 

Il veut toujours consommer et posséder plus tout en travaillant le moins possible.

 

C'est le moteur du progrès technique, économique et social.

 

C'est à cela qu'on doit la richesse de nos sociétés actuelles et l'espérance de vie qui s'accroît sans cesse.


Evidemment il ne faut pas entendre ici par cupidité le désir de voler ce qui appartient à son prochain, ni par paresse celui de ne rien faire. Bien entendu, il s’agit là de la volonté d’économiser la peine et la sueur des hommes et de la volonté de lui procurer toujours plus d’aisance et de confort.

 

Au stade de développement dit des cueilleurs-chasseurs une chose est à peu près certaine : l’humanité était en équilibre écologique avec son milieu extérieur. Elle prélevait sur la nature fort peu de choses et si elle prélevait trop pour que le milieu se renouvelle, la survie des groupes devenait précaire et leurs effectifs étaient ramenés à un niveau assez bas pour permettre la reconstitution des ressources.

 

Certains paléontologues prétendent qu’à cette période bénie de l’histoire de l’humanité, le jardin perdu d’Eden, le temps de travail était faible et les famines n’existaient pas. On peut douter de ces deux affirmations : tout chasseur sait qu’il y a des bonnes saisons de chasse et de moins bonnes. Ce dont on peut être à peu près sûr c’est que le chômage n’existait pas et que l’espérance de vie était faible et, surtout, condamnée à le rester à travers les générations.

 


Lorsque l’humanité invente l’élevage et l’agriculture, que fait-elle ? Grâce à son génie elle trouve le moyen d’intensifier la production de la nature. L’intensification préside à l’activité agricole dès sa naissance.


 



L’agriculture et l’élevage permettent de dégager des surplus, qui sont eux-mêmes à l’origine du développement des villes et des premières grandes civilisations de l’antiquité, que ce soit en Amérique, au Moyen-Orient ou en Asie. Les surplus dégagés permettent dans un premier temps de ne nourrir en sus des producteurs agricoles qu’un relativement faible nombre de non-agriculteurs ; c’est néanmoins, sans doute, le début de la division du travail ou, sinon sa naissance, du moins la possibilité de son essor.





Ce sera aussi de grandes cités et de grands travaux, pour certains dits « pharaoniques ». Les ziggourats, les pyramides, les temples égyptiens : impossibles sans l’agriculture. Si la culture est fille de la ville, l’agriculture en est la mère.

 







Avec les progrès de l’agriculture, donc son intensification, la part de la population urbaine peut croître. Elle connaît même au cours du xxe siècle une véritable explosion, amorcée dans les pays développés dès les xviiie et xixe siècles. Cette explosion démographique des villes est-elle un bien ou un mal ? Chacun est libre de son opinion. Mais c’est un fait « incontournable » comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui. Il faut bien nourrir cette population.





La population mondiale est globalement en croissance. On ne voit guère comment la nourrir sans une certaine intensification de l’agriculture mondiale. Remarquons au passage que grâce aux progrès de l’agriculture, les grandes famines ont disparu de la surface du globe. Il reste encore une certaine malnutrition à résorber et on voit mal comment l’extensification de la production agricole pourrait y aider.

 


Malgré la malnutrition persistante d’un peu plus de 10 % de la population mondiale, on peut dire sans aucune restriction, que l’agriculture moderne est, avec la médecine et l’hygiène publique, une des trois grandes réussites technologiques de l’histoire de l’humanité, enfin débarrassée du spectre de la disette et de la famine qui l’a accompagnée dans ses cauchemars depuis des millénaires.



 

 

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