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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:21

 

Les amis autoproclamés des animaux ont trois bêtes noires ! La corrida, l’expérimentation animale et le foie gras.

  

DSC05281

 

En cette période de festivité, notre causerie concernera, vous l’avez deviné, la troisième petite bête !

 

 

 

 

Le gavage est-il cause de stress ?

 

Gauguin Oie (2)

À en juger par la mesure de la teneur du sang en corticostérone, indicateur de stress reconnu chez les oiseaux, le gavage en lui-même n'est pas une source de stress aigu ou chronique. En revanche, la capture et la contention sont sources de stress pour le canard. Pendant la période de gavage, il est donc préférable que les canards soient élevés en cages individuelles qu’en cages collectives.

  

 

Le gavage provoque-t-il une pathologie du foie ?

DSC05212

 

A la différence des mammifères qui stockent la graisse dans les tissus adipeux, chez les oiseaux le foie est un site majeur de synthèse et de stockage de la graisse. La stéatose hépatique qui résulte du gavage n'est donc pas de nature pathologique.

 

Le processus d'engraissement reste réversible et l'intégrité des cellules du foie gras est préservée, alors que, dans les cas pathologiques, les cellules comportent des lésions dégénératives.

 

Le gavage est-il douloureux ?

 

canard (3)Il a été montré chez les mammifères que le foie est innervé par des récepteurs du système nerveux végétatif qui sont à l'origine de réponses motrices réflexes et autonomes, mais ne déclenchent pas de sensation consciente. Il n'existe pas d'études de neurophysiologie similaires chez les oiseaux, mais l'anatomie de l'innervation viscérale, montre que la majorité des fibres nerveuses présentes dans le foie appartiennent au système végétatif.

 

Ainsi, par analogie avec l'innervation chez l'homme, on peut inférer que le foie ne peut être à l’origine de sensation douloureuse chez les oiseaux.

 

Les palmipèdes cherchent-ils à éviter le gavage et à fuir le gaveur ?

 

Sans titre - 3 (2)Si le gavage ou le gaveur provoquaient une aversion, un comportement d’évitement devrait être observé. Ce n’est pas le cas. Les oies continuent de se déplacer et de pénétrer spontanément dans la salle où elles sont alimentées, pendant la période de gavage comme auparavant. La réponse est moins homogène chez le canard.

 

Bouguereau, la gardienne d'oies

 

Cependant, alors que les canards manifestent un mouvement de recul à l’approche du gaveur ou d’une personne étrangère, la distance à laquelle cette réaction se manifeste décroît au cours du gavage et est toujours inférieure avec le gaveur qu’avec un étranger.

  

 

 

 

 

Bon réveillon !

   

Dégustons le foie gras sans remord aucun !

Et 

table ronde 

    Goûtons voir, oui, oui, oui !

Goûtons voir, non, non, non !

Goûtons voir si le foie est bon !

  

Pour en savoir plus

Production de foie gras, gavage et bien-être, un article de vulgarisation de l'INRA

Bien-être et élevage des palmipèdes, un article scientifique de l'INRA

Tout ce qu'il faut savoir sur le foie gras, un dossier de presse en .pdf, un peu long à charger mais très complet, sur le foie gras

 

 

nature morte

 

 

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:18



img008---Copie.jpgEn France, le loup n'est plus cantonné aux alpages de haute montagne exploités par quelques bergers hurluberlus passéistes opposés à la moderne biodiversité. On le rencontre à midi en faisant une randonnée en moyenne montagne. On le rencontre aux portes de villes comme Montélimar ou Valence. Et l'on compte de plus en plus de victimes parmi les doux agneaux et les maternelles brebis.


Rétrospective 2009

Marsanne le vieux villageMarsanne est un village de la Drôme d’un peu plus de mille habitants, situé précisément à 15 kilomètres du centre de Montélimar, dans la direction de l’Est-nord-est. C’est un village viticole de longue date, puisqu’il a donné son nom au cépage éponyme, bien connu dans la vallée du Rhône. Le village est situé en plaine, au pied de collines s’étageant jusqu’à un peu plus de cinq cents mètres d’altitude.

Marsanne le bourg moderne au pied de la colline2Christophe Hugon est agriculteur dans la commune de Marsanne. Sa ferme est située à l’entrée du village, sur la route venant de Montélimar, en plaine, juste au pied de la colline. Le vendredi 6 mars 2009, à 7 h 30, il constate que deux de ses huit agneaux avaient disparu.


Il les recherche et un peu plus loin il tombe nez-à-nez avec le loup. Selon ses propres déclarations : « Il était à l'intérieur du parc, moi à l'extérieur de la clôture. Peut-être à deux mètres de moi, pas plus. Je l'ai vu très distinctement.»

canis-lupus.jpgAprès avoir donné l’alerte, il est rejoint par un garde de la fédération départementale de chasse, un lieutenant de louveterie et deux voisins. « On était en train de constater, et on s'est aperçu que le loup était toujours là. Au bout d'un moment il a sauté l'enclos et il s'est enfui. Tout le monde l'a bien identifié, ça ne fait aucun doute. » Le lendemain 7 mars Christophe Hugon a retrouvé les restes des deux agneaux.


Vercors (5)Le 13 juin 2009, un samedi, après-midi, Daphné se promenait avec sa marraine dans le Vercors, sur la commune de Bouvante, entre Font-d'Urle et le col de l'Infernet, soit à une altitude comprise entre 1400 et 1600 mètres. Après deux heures de marche, elles déjeunent assises sur un rocher.



USA---Copie.jpgLa marraine de Daphné lui signale un animal passant « juste à côté ». Daphné photographie l'animal. En zoomant la photo sur son appareil, elle s’aperçoit qu'il s'agit d'un loup. Sa marraine a alors cette réaction : « Mais tu plaisantes ! Il n'y en a pas ici ! » Prenant peur, elles décident de plier bagages et remontent sur les crêtes. « Nous avons essayé par tous les moyens de nous rassurer en se persuadant que ce n'était qu'un chien égaré. »

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage confirme bien la présence dans ce secteur d'une meute comprenant au maximum six loups. L'animal croisé dans le Vercors par Daphné et sa marraine est très probablement, un loup.

Comps commune limitrophe d'Orcinas2Dans le pays de Bourdeaux, entre Bourdeaux et Dieulefit, quatre attaques de brebis ont eu lieu, le 23 octobre à Orcinas, les 1er et 6 novembre à Mornans - Bézaudun-sur-Bîne et le 9 novembre à Félines-sur-Rimandoule. Les analyses effectuées par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage concluent à la possibilité de présence du loup dans trois des quatre attaques, et même à sa probabilité pour l'une d'entre elles.

Une réunion qui a eu lieu en Pays de Dieulefit le lundi 1er février 2010 entre les éleveurs drômois et le préfet, et le "comité loup" qui a suivi, ont été l'occasion de faire le point sur la présence du loup dans la Drôme.

Troupe à Montségur, DrômeEn 2009, on a enregistré soixante-douze attaques attribuées au loup dans le département et un total de 218 victimes ovines et caprines. Les années précédentes on avait compté 45 attaques en moyenne annuelle, mais le nombre de victime par attaque n'a pas augmenté de manière significative.
La nouveauté de l'année 2009 est le rythme des attaques : il y en a eu tous les mois de l'année, sauf en février, avec, comme auparavant, un pic de juin à octobre.


Saint-Nazaire-le-desert.jpgEn 2009 on a compté des attaques dans des zones jusqu’alors épargnées : une attaque à Marsanne, une à Pont-de-Barret, deux à Aouste-sur-Sye et, en octobre-novembre, six dans le secteur de Bourdeaux/Dieulefit (37 victimes) et cinq dans celui de Saint-Nazaire-le-désert (14 victimes). Ce sont notamment les éleveurs de cette partie de la Drôme qui ont rencontré le préfet.

Après cette rencontre, trois cent quatre-vingts éleveurs d'ovins et caprins des cantons de Bourdeaux et Dieulefit ont écrit au préfet de la Drôme pour le mettre en garde : si l'on n'élimine pas la présence du loup sur leurs terres d'ici l'été prochain, ils fermeront les sentiers qui passent sur leurs propriétés.

Patou.jpg« La présence nouvelle du loup impose la mise en place de moyens de protection, expliquent-ils. Mais, nos pâturages sous forêt, les autres activités des exploitations, la taille modeste des effectifs, et le coût de la main-d'œuvre rendent la garde impossible. Reste donc la mise en place des chiens de protection (...). Les informations qui nous sont données par ceux qui, avant nous, ont vécu le retour du loup, montrent que les morsures de chiens de protection sont nombreuses et parfois graves. En autorisant les randonneurs à traverser nos propriétés, nous nous rendons responsables de leur sécurité. »

Et certains évoquent le stress, voire le traumatisme, d’être trainé devant le tribunal, même si on en sort au bout du compte innocenté.

Valence-Voie-rapide.JPG
NB. Une preuve supplémentaire que le loup est maintenant aux portes de nos villes, en décembre 2008 un loup a été trouvé mort sur la rocade routière rapide de Valence, probablement des suites d’une collision avec une voiture.



Lire aussi

Le berger et le loup, le promeneur et le patou


Sources

Articles parus dans Le Dauphiné Libéré, édition de la Drôme :

MARSANNE (DRÔME) - Il se retrouve nez-à-nez avec un loup !


MARSANNE (DRÔME) - Les restes des agneaux retrouvés : plus de traces du loup


FONT-D'URLE (VERCORS) - Inquiétante rencontre au cours d'une promenade : ont-elles croisé un loup ?

FONT-D'URLE (VERCORS) C'était bien un loup !

PAYS DE BOURDEAUX - 33 brebis attaquées en 15 jours : l'hypothèse du loup renforcée

DROME - 72 attaques de loups en 2009


DROME - Loup: les éleveurs menacent de fermer les sentiers de randonnée



Gustave Doré

 

                                                           Écologiste zoophile peu rassurée couchant avec un loup







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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 23:06



L’utilitarisme de Bentham inclut les animaux dans la « communauté morale ». C’est ce sur quoi se fonde l’idée des droits de l’animal.


declaration1789
Deux sortes d’objections peuvent être faites à cette idée.
Les juristes sont pour le moins partagés sur le fait que des êtres sans libre arbitre puissent être des sujets de droit. On voit en effet difficilement un animal signer un contrat, revendiquer des droits et voter pour des représentants chargés d’instituer et de défendre ces droits !!! Par ailleurs on voit difficilement comment les animaux seraient susceptibles de se voir opposer la réciprocité d’un droit, c'est-à-dire une obligation !!!




Jusqu’à quel niveau de confusion morale, et même mentale, peut conduire cette idée de droits de l’animal ?


j0197999Parmi les droits reconnus aux êtres humains figure la légitime défense. On ne voit donc pas ce qui pourrait s’opposer à ce que l’on accorde ce droit aux animaux. Mais dans beaucoup de situations les animaux ne sont pas en mesure de l'exercer. Ce sont donc leurs défenseurs qui s’accordent la légitimité de l’exercer en leur nom.



ALF4
L'Animal Liberation Front (ALF) est une organisation d'origine britannique fondée en 1976. Elle a été créée par des anciens de l'association britannique de sabotage de la chasse, active dès les années soixante. Elle s'installe aux États-Unis en 1977. En 1982, elle saccage des labos universitaires en Grande-Bretagne et envoie des lettres piégées à des politiques et des scientifiques favorables à l'expérimentation animale. De 1990 à 1994, elle commet plusieurs centaines d'actes terroristes aux États-Unis et en Grande-Bretagne.




marquage ferEn Grande-Bretagne, en 1999, un journaliste avait réussi à infiltrer un groupuscule de sympathisants de l’ALF en se faisant passer pour un aspirant sympathisant. Quand son reportage est passé à la télévision anglaise, des membres de l’ALF ont réussi à retrouver le journaliste, l'ont enlevé et retenu prisonnier pendant 48 heures au cours desquelles ils l’ont torturé, lui marquant le sigle ALF au fer rouge sur le dos.



guard-copie-1.jpgToujours en Grande-Bretagne, en 2004, les militant de l’ALF ou de la milice des droits animaliers, envoient des lettres piégées, menacent leurs ennemis de les infecter avec le virus du sida. Après avoir fait annuler le projet de construction d'un laboratoire de recherches médicales à Cambridge à force d'intimidations et de menaces, les extrémistes animaliers s'en prennent la même année à l'université d'Oxford, qui a prévu d'investir 18 millions de livres dans un projet similaire. La compagnie de travaux publics chargée de la construction du laboratoire a annoncé qu'elle abandonnait le projet par peur de représailles sur ses actionnaires. Le gouvernement a décidé de réagir et a renforcé les pouvoirs de la police contre ces groupes.


city3.jpg
La City n'est pas en reste : l'Association nationale des fonds de pension, inquiète des répercussions que de telles actions peuvent avoir sur le secteur pharmaceutique, offre une récompense de 25 millions de livres en échange d'informations permettant l'arrestation des activistes « durs ».



Depuis lors, le gouvernement britannique considère ces campagnes d'intimidation comme criminelles et passibles de peines de plus de dix ans de prison. En Grande-Bretagne, le nombre d'attaques a diminué depuis 2004 où plus de 124 militants ont été arrêtés.

boucherie charcuterie
L’ALF est actif en Belgique. En avril 1998, neuf véhicules et un bâtiment de réfrigération appartenant à des sociétés spécialisées dans le commerce de viande, sont endommagés à Anvers.
Été 1998 : attentats contre six Quick et Mac Do', en région anversoise toujours. En Juillet 1999, incendie d'un camion et d'un bâtiment d'une entreprise de viande. En octobre 1999 : attentat contre un resto quick de Leeuw-St-Pierre. En Janvier 2000 : tentative d'incendie d'un magasin de fourrures à Wilrijk.




A la fin des années 90, l'ALF avait déjà commis plus d'une cinquantaine d'attentats en Belgique. A cette époque la Belgique a créé un groupe de lutte contre cette organisation comprenant gendarmerie et sûreté de l'État.

chateau de Sans Souci Limonestauteur PHILDIC
L’ALF a revendiqué l’incendie, en avril 2007 à Limonest, en région lyonnaise, de Tecniplast, qui fabriquait des cages pour animaux destinés à l’expérimentation animale.






St GermainLes enquêteurs de la brigade anti-terroriste du parquet de Paris le soupçonnent d’avoir participé à l’attentat à l’explosif qui a détruit deux camions et une partie du centre d’élevage d’animaux de laboratoire de Charles River, le 28 juin 2007 à Saint-Germain-sur-l’Arbresle, près de Lyon; qu’il  a revendiqué.


Fin 2007, ont recensait cent-douze actions menées par l’ALF et l’Animal Rights Militia (ARM) dans l’Hexagone.

novartisA la fin de l’année fin 2008 des actes de dégradation ont visé des véhicules et des maisons de salariés de l’entreprise pharmaceutique Novartis.

En mai 2009, la salle de sport du laboratoire à Saint-Louis dans l’est de la France a été incendiée.

Puis c’est au tour de Daniel Vasella, PDG de Novartis, d’être la victime des activistes animaliers. Le 27 juillet 2009, les tombes de ses deux parents sont profanées dans un village de l'est de la Suisse et l'urne funéraire de sa mère est dérobée.


chalet
Le lundi 3 août, c'est sa maison de vacances, dans le Tyrol autrichien, qui brûle. Les activistes qui ont revendiqué l'incendie de son chalet ont menacé Daniel Vasella de « détruire » sa vie tant qu'il ne renoncera pas aux expérimentations sur les animaux.




ratNovartis, estime que les coupables sont des militants de Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) organisation qui reproche à Novartis de collaborer avec le laboratoire britannique Huntingdon Life Sciences qui procède à des expérimentations sur des animaux pour la mise au point de médicaments.



osloLes attaques contre le PDG de Novartis ne doivent rien au hasard. Selon plusieurs sources britanniques, elles ont été planifiées en juin 2009 à Oslo lors du rassemblement mondial annuel des mouvements de défense des animaux.



visonAprès cela, l’action menée dans la nuit du 15 au 16 octobre 2009 revendiquée par l’ALF
qui a "libéré" 4200 visons de leur élevage du village de Saint-Cybranet en Dordogne, ressemble un peu à de la roupie de sansonnet.  Un sympathisant engueule l’ALF parce que les visons relâchés dans une « nature » à laquelle ils ne sont pas adaptés sont morts !


diable
En 2008, dans une interview au Progrès, un chercheur de l’Inserm, « qui n’a pas envie de se faire tabasser pour avoir cherché un remède contre le cancer », souligne que « si aujourd’hui un cancer sur deux est guéri c’est grâce à des gens et à des sociétés qui sont la cible de ces groupes terroristes ». Il rappelle que « toutes les avancées de la médecine ont eu lieu grâce à l’expérimentation animale ». Et il demande « Si ces ardents défenseurs [qui] sont prêts à attaquer des chercheur […] refuseraient une chimiothérapie le jour où ils auront un cancer ».



                                                            ***
                                                              *

Sources : articles de presse dont beaucoup sont trop anciens pour être facilement retrouvés sur Internet. Un correpondant personnel pour la Belgique.

Liens : je ne donne aucun lien vers des sites revendiquant des actions de l'ALF. Les lecteurs intéressés les trouveront par eux-mêmes. On se demande si ces sites sont négligés par les services de police ou s'ils leur servent de moyen de surveillance et de pistage des terroristes de l'ALF.

la parfum
Bibliographie
:

Le parfum d'Adam, Jean-Christophe Rufin, de l'Académie française, Coll. Folio. Les premiers chapitres de ce thriller, écrit dans un excellent français et remarquablement documenté, montrent très bien les méthodes d'action et de recrutement utilisées par l'ALF.





Lire aussi  les épisodes précédents du feuilleton
 :

Peter Singer : tuer un nouveau né n'est pas tuer une personne

L’homme, l’animal, l’utilitariste

L'homme, l'animal, le biologiste

L'homme, l'animal, l'éthologie

L’homme, l’animal, les Lumières

Requiem pour les animaux abattus

L'élevage, l'abattoir et la Shoah

Guillaumet

Universelle humanité


chat                                                   Chat fermant les yeux sur des atrocités commises sur des rats

 
escargot2                                                    Escargot se rendant la mort dans l'âme à son laboratoire


canards                                                                Canards se voilant la face sur leur triste sort



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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 22:52

 


Dans l’article L’homme, l’animal, l’utilitariste  on a vu que Peter Singer, éminent moraliste utilitariste, professeur de bioéthique à Princeton, dans un entretien publié en octobre 2000 dans la revue de vulgarisation scientifique La Recherche déclarait : « Je ne pense pas que tuer un nouveau-né soit jamais équivalent à tuer une personne. »

 


Peter Singer part du présupposé antispéciste habituel depuis Bentham. Chez un être vivant, la capacité à ressentir du plaisir ou de la souffrance est, sur le plan de la morale, parmi les plus significatives. Elle n’est pas le propre de l’homme. Comme nous nous refusons aujourd’hui à ne pas prendre en compte les intérêts d’un être humain en raison de son sexe ou de la couleur de sa peau nous devons refuser de na pas prendre en compte les intérêts d’un être vivant pour la raison qu’il n’est pas de notre espèce.
 

                                                                                                              Mule utile et son muletier qui n'a rien compris à l'utilitarisme


Mais, pour Peter Singer, les intérêts ne sont pas tous égaux. Un babouin, par exemple, n’a pas forcément le même intérêt à continuer à vivre qu'un être humain, cela dépend de l'être humain. Si ce dernier possède le sens de son existence dans le temps, ce qu’il appelle avoir une vie biographique et pas seulement biologique, cet être humain a un plus grand intérêt à continuer à vivre.


Posséder le sens de son existence dans le temps suppose des capacités qui sont le propre de l’homme telles que rationalité, autonomie, capacité du langage, capacité de « réciprocité », etc. Mais, à l’évidence, toutes ces descriptions ne s’appliquent ni à un enfant de trois mois ni à un individu dans un coma dépassé.



Un chimpanzé ou un cochon, par exemple, se rapproche bien plus du modèle d'être autonome et rationnel qu'un nouveau-né.
 


Toute vie humaine ne peut être considérée comme d'égale valeur.
Mettre fin à la vie d’un nouveau-né handicapé n'est pas équivalent d'un point de vue moral à tuer une personne.


De la même façon qu’on autorise l’avortement lorsqu’un handicap est détecté avant la naissance, on doit autoriser à mettre un terme à la vie d'un nouveau-né qu'on découvre, à la naissance ou peu après, porteur d'un fort handicap.


A quel degré de handicap ? Lorsque le nouveau-né présente des handicaps tels que sa vie, autant que puissent en juger ses parents, ne pourra être une vie satisfaisante. Peter Singer se refuse à poser lui-même les limites. Il estime que celles-ci relèvent du jugement des parents, éventuellement en concertation avec des médecins.

Ceci soulève la difficulté de décider à quel moment un nourrisson devient une personne. Ce passage est bien évidemment progressif. Mais on peut au moins affirmer que dans le premier mois de son existence, un nouveau-né n'est pas une personne, car à cet âge il est certain que le nouveau-né ne possède pas le sens de son existence dans le temps. Un mois lui semble donc un délai raisonnable à accorder aux parents pour décider si le bébé doit continuer à vivre. 
 



Cela
conduit Peter Singer à la dernière étape de son cheminement. Puisqu'un nouveau né n'est pas une personne, l'autorisation de mettre fin à sa vie reste valable si le nouveau né n’est pas handicapé.



Peter Singer affirme sans ambiguïté :

« Je ne pense pas que tuer un nouveau-né soit jamais équivalent à tuer une personne. »



     Tuer un nouveau né n’est pas tuer une personne.


Monsieur Peter Singer, éminent défenseur du droit des animaux, qui pense que leur reconnaissance constitue un grand progrès moral pour l'humanité, nous propose donc de revenir 2000 ans en arrière, au temps où le père de famille romain avait le droit d'exposer ses enfants à la naissance, c'est-à-dire de les laisser mourir sur la place publique ou dans la nature.

 

Il me semble qu’on ne peut que se désoler que Monsieur Peter Singer soit considéré comme un philosophe scrupuleux par certains de ses confrères qui ne partagent pas ses options et qu’il ait obtenu le poste de professeur de bioéthique à l'université de Princeton. Le fait de savoir que sa nomination à ce poste, en 1999, a suscité une grave controverse ne nous sera qu’une faible consolation.


On peut aussi déplorer, car c’est sans doute un signe des temps, qu'une revue comme La Recherche manifeste assez régulièrement de l'intérêt pour ses idées et lui offre ses colonnes pour les exprimer ou les relater. Les thèses de Monsieur Peter Singer n'ont rien à voir avec la science. Ce sont des idées purement morales. La Recherche n'est pas une revue de morale ni de philosophie (sauf lorsqu'il s'agit de philosophie de la Science). Il n'y a donc aucune raison pour que cette revue n'ouvre pas aussi souvent ses colonnes au pape ou au Dalaï Lama qu'à Monsieur Peter Singer !!!

NB1 Je n’ai fait que mettre en phrases plus simples et dans un ordre plus clair l’entretien accordé à La Recherche sans trahir le fond de cet entretien. Le lecteur pourra se référer à l’article original.

NB2 Monsieur Peter Singer essaye de présenter sa morale comme résultant de constats et de raisonnements rigoureux. Mais reprenez en les étapes successives : chacune est parfaitement arbitraire et contestable.

NB3 Monsieur Peter Singer n'a certainement jamais eu d'enfant. Les curés non plus, mais sur la question du nouveau-né ils sont bien plus humains que Monsieur Peter Singer.


Bibliographie

L'entretien avec Peter Singer publié dans le numéro d'octobre 2000 de La Recherche  (payant pour les non abonnés)


Lire aussi les épisodes précédents du feuilleton

L’homme, l’animal, l’utilitariste

L'homme, l'animal, le biologiste

L'homme, l'animal, l'éthologie

L’homme, l’animal, les Lumières

Requiem pour les animaux abattus

L'élevage, l'abattoir et la Shoah

Guillaumet

Universelle humanité


        Prochain épisode du feuilleton : bientôt





 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 23:20



'
L’utilitarisme est une philosophie qui se propose de faire de l’utilité le principe premier de l’action. Il considère que ce qui est utile est bon et que « l’utilité » peut être déterminée de manière rationnelle. L’utilitarisme est fondé sur le critère du « plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre de personnes ».

 


Le principe utilitariste mesure la qualité morale d’une action aux conséquences proches ou lointaines que l’on peut en attendre sur la vie de celui qui agit et de tous les individus composant la société. La qualité morale d’une action est donc mesurée à ses conséquences et non à l’intention qui a présidé à son effectuation.

 


On comprend facilement que la doctrine utilitariste puisse apporter des concepts utiles (!) à l’économie politique ou à la conduite de politiques publiques. Par exemple, sans même parler de l’utilité marginale des économistes néoclassiques, le principe de « comparaison coûts-avantages » est un des fondements des politiques de santé publique intelligentes.

 


En morale et en droit pénal, l’utilitarisme est beaucoup plus contestable, car selon cette doctrine la gravité de la faute ne peut être reliée à l’intention mais seulement au résultat. C’est ainsi qu’un chauffeur responsable, par une faute d’inattention, d’un accident de la circulation ayant fait, disons, trois morts serait plus coupable que la personne qui a assassiné de façon préméditée un seul voisin pour le voler. Plus coupable, le premier mériterait une punition plus lourde.

 

Le fondateur de la doctrine utilitariste est Jérémy Bentham, philosophe anglais né à Londres le 15 février 1748 et mort dans cette même ville le 6 juin 1832. Par des observations bien conduites, il montre qu’il ne peut y avoir de bonheur individuel sans bonheur social. Il donne des règles qui canaliseront et limiteront l’égoïsme étroit et aveugle qui tournerait contre lui-même.


Bentham conseille donc la bienfaisance intelligente et éclairée, l’amitié qui nous concilie la faveur des autres hommes et contribue à notre bonheur, en un mot tout ce qui peut augmenter nos plaisirs et diminuer nos peines. Et le principe de la morale nous permet de savoir exactement quelles sont les actions qu’il faut faire et celles qu’il faut éviter. Nous n’avons pour cela qu’à procéder à l’évaluation arithmétique des plaisirs destinée à se substituer aux morales issues de l’arbitraire et de l’autorité. A l’article Stiglitz : un rapport à quat'sous (billet d'humeur à conclusion philosophique)  on a vu quel argument John Stuart Mill opposait à la naïveté de cette arithmétique des plaisirs.

 


Bentham, élargit l’utilitarisme à tous les êtres sensibles. A propos des animaux, il écrit en 1789 : « La question n’est pas : peuvent-ils raisonner ? Ni : peuvent-ils parler ? Mais bien : peuvent-ils souffrir ? ».


Bentham pose que s’il faut minimiser la souffrance et maximiser le bien-être des êtres susceptibles d’éprouver du plaisir et de la douleur, il n’y a aucune raison de s’en tenir aux seuls êtres humains :

« Le jour viendra peut-être où le règne animal retrouvera ses droits qui n’auraient pu lui être enlevés autrement que par le bras de la tyrannie. Les Français ont déjà réalisé que la peau foncée n’est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d’un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s’apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l’extrémité de l’os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d’abandonner une créature sensible au même sort. »


On voit dans cet énoncé poindre l’idée que faire une distinction juridique et morale entre les espèces s’assimile à une sorte de racisme. C’est ce que les utilitaristes modernes appellent le « spécisme », qu’ils combattent, comme on se doit de combattre le racisme !

 
Un des représentants de l’utilitarisme moderne, Peter Singer, actuellement titulaire de la chaire d'éthique de Princeton aux États-Unis, est connu du grand public surtout par son livre La Libération Animale.

 

Dans une interview publiée en octobre 2000 dans la revue de vulgarisation scientifique La Recherche, on peut lire cette déclaration de Peter Singer :


« Placer l’existence de l’être humain sur un plan supérieur à celui de l’existence des animaux est une attitude profondément ancrée dans la religion. Il n’y a en effet pas d’autre moyen de justifier cette supériorité de l’espèce humaine que d’invoquer l’immortalité de l’âme, ou toute autre forme de statut privilégié de l’homme dans le dessein divin. »

 

Je pense que cette déclaration est une grave erreur de Peter Singer.


Rousseau nous indique que l’individu humain est perfectible, contrairement à l’animal qui ne peut qu’obéir, sa vie durant, à sa nature. Kant nous indique que l’homme est le seul des animaux à disposer du sens moral.
La biologie et l'éthologie modernes nous indiquent que l'homme est le seul animal à disposer d'une conscience de soi développée.

 

Penser cela ne nécessite pas de croire à quelque statut particulier dans le dessein divin. De nombreux philosophes matérialistes et athées admettent cette perfectibilité et cette aptitude au sens moral du seul être humain. Les gens ordinaires ‒ je veux dire par là qui ne sont pas spécialement versés dans la philosophie ‒ incroyants sont doués du même bon sens commun que les croyants : dans la vie de tous les jours ils portent des jugements moraux sur le comportement de leurs voisins, pas sur celui des vaches ou des tigres.

 





Nous verrons dans un prochain article comment ces présupposés conduisent Peter Singer à affirmer : « Je ne pense pas que tuer un nouveau-né soit jamais équivalent à tuer une personne. »


Françoise Dolto nous a rabâché que le bébé est une personne. Peter Singer n’a pas dû l’entendre !












Articles précédents

L'homme, l'animal, le biologiste

L'homme, l'animal, l'éthologie

L’homme, l’animal, les Lumières

Requiem pour les animaux abattus

L'élevage, l'abattoir et la Shoah

Guillaumet

Universelle humanité



Bibliographie

Jérémie Bentham, Déontologie ou science de la morale, Éd. Encre marine, Paris, collection Bibliothèque hédoniste


Joseph Aloys Schumpeter, Histoire de l'analyse économique, Éd. Gallimard (3 vol.)

Peter Singer, La libération animale, Éd. Grasset

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, disponible chez plusieurs éditeurs, notamment dans des collections de poche

Peter Singer, L'éthique revisitée, « La doctrine du caractère sacré de la vie humaine n'est plus défendable », entretien paru dans La Recherche du 1er octobre 2000



 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 17:03



Depuis que le loup prolifère de nouveau dans les Alpes françaises, les pouvoirs publics incitent les éleveurs et les bergers d’alpage à protéger leurs troupeaux en utilisant des chiens de protection. La race la plus souvent employée pour cette tâche est le patou, autre nom du chien de montagne des Pyrénées.

 



Le patou est la race de chien la plus efficace pour protéger les troupeaux des attaques de loups, bien qu’il ne constitue pas une garantie. Élevé très jeune au sein du troupeau il le considère ensuite comme sa famille. S’il détecte un intrus, il aboie et s'oppose à l'intrusion perçue comme une menace, qu'il s'agisse d'un prédateur ou d'un promeneur, par tous les moyens, y compris l'attaque si nécessaire. Très tôt les partisans du loup se sont préoccupés des dangers que les patous présentaient pour les randonneurs.


 




Deux études ont été conduites par Gilles Le Pape, éthologue, docteur en biologie, maître de conférences à l’université de Tours. L’une en 1998 dans le parc national du Mercantour, l’autre en 2001 dans le parc régional du Queyras.




Elles avaient pour objet de faire le point sur les rapports des chiens de protection de troupeaux ovins et des promeneurs dans ces deux massifs. Elles ont été menées sur la base d’observations des comportements des chiens et des randonneurs et de questionnaires servant à recueillir les opinions de ces derniers. Des traitements statistiques modernes ont été mis en œuvre.

 

Dans la conclusion de la première étude on lit :

 

Il est très rare que les promeneurs se disent effrayés. En général, soit ils évitent d’interagir avec les chiens, soit ils ont une réaction amicale avec eux.

 

Et :

 
Cette étude contredit donc la réputation de chiens « dangereux » ou « agressif s » parfois faite au chien de protection. Certes il impressionne, mais il ne représente manifestement que peu de danger pour les promeneurs, et on peut dire que sa réputation est souvent surfaite.

 
Dans la conclusion de la deuxième étude on lit :

 



Les patous ne représentent manifestement pas plus de danger que tout autre type de chien pour les promeneurs et ne risquent pas de modifier leurs habitudes de randonnée.

 





Quelques années plus tard, alors que les attaques de loups contre les troupeaux se sont multipliées, rendant la vie des bergers de plus en plus difficile, et que le nombre de patous s’est bien entendu fortement accru (et peut-être aussi celui des randonneurs !), qu’en est-il ?

 




En 2007 et 2008 en Savoie les incidents se multiplient. Deux affaires se terminent devant le tribunal. Une troisième a failli coûter la vie à la victime.

 


Dans un jugement prononcé en 2008 à propos d’une attaque de cinq randonneurs, dont deux mineurs, par des chiens patous, à Foncouverte - La Toussuire en 2007, les prévenus sont relaxés du chef de blessures involontaires « car ils se sont comportés en bons bergers » et n’ont commis aucune « faute caractérisée ».

 



En juin 2008, à Aussois, un chien berger des Abruzzes s'est précipité sur la gardienne du refuge de Plan Sec et l'a mordue à plusieurs reprises au bras et aux cuisses. Rien d'irréparable, mais la victime reconnaît qu'elle a eu la peur de sa vie. « Ça a duré plus d'une demi-heure et j'avais très peur de tomber tellement il été agressif. » En septembre 2008 le procureur a requis une peine d’amende avec sursis contre l’éleveur, alors que dans des affaires similaires aucune peine n’avait jamais été requise. En novembre le tribunal de police relaxe l’éleveur.


 

Le lundi 28 juillet 2008, près de Termignon, trois chiens ont failli tuer une randonneuse grenobloise de 53 ans. La victime a été lourdement mordue à l'épaule droite et aux deux jambes. Les chiens l'ont traînée sur le sentier. Une personne alertée par ses appels au secours a frappé les patous avec un bâton de marche pour leur faire lâcher prise. Évacuée par hélicoptère, la victime a été opérée pendant trois heures et demie. Les mêmes chiens auraient été impliqués dans au moins une attaque grave dans les jours qui ont précédé.

 

Ces accidents et ces procès émeuvent élus, responsables du tourisme, éleveurs… qui y vont de leurs déclarations, interpellations des Ministres, etc.

 

On apprend du directeur du développement à l’Agence départementale du tourisme qu’on compte environ 700 patous dans les Alpes. On estime que 15 % environ ont déjà mordu un humain au moins une fois. Les offices du tourisme de Haute-Maurienne sont submergés par les récriminations.


 


Se pourrait-il qu'un éthologue, docteur en biologie, maître de conférences à l’université de Tours, travaillant pour le programme Life Loup, ait pris ses désirs pour des réalités ?

 


NB En réaction à toutes ces affaires, Philippe Yolka, professeur de droit à Grenoble, pense qu’il se trouvera bien un jour, à la suite d'une condamnation, quelque éleveur - ou, plus sûrement, quelque assureur - pour se retourner contre la puissance publique afin de lui faire régler l'addition, au nom de l'idée selon laquelle l'accident vient certes du chien, mais le chien vient du loup, loup dont la responsabilité de la présence revient à l'État, qui a choisi de le laisser  s'implanter dans des espaces restreints et humanisés, sans en mesurer suffisamment les conséquences.



                                                                                     Ceci n'est pas un patou




Bibliographie


Étude Mercantour

 

Étude Queyras


Relaxe pour les bergers

 

Son chien avait mordu une gardienne de refuge : l'éleveur relaxé

  

Une Grenobloise hospitalisée à la suite d'une attaque de patous

 

La colère de Claude Ponson, directeur du développement à l'Agence touristique départementale

 

Parole d’expert : le patou sous l'œil du juriste





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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 23:53


La biologie nous indique des différences très importantes entre l’homme et les primates, qui sont les animaux les plus proches de lui.

 


L'homme moderne se distingue des autres mammifères et des autres primates par un retard dans le développement de la taille du cerveau.

 

L'homme naît avec un cerveau très immature. A la naissance le cerveau humain représente à peine 25 % de sa taille adulte. Il n’atteint 80 % de sa taille adulte qu’à l’âge de quatre ans.

 

Sa croissance se poursuit au moins jusqu’à l’âge de 10 ans. C’est durant cette longue période que l'enfant, interagissant avec le monde extérieur, acquiert des capacités cognitives complexes, notamment le langage.

 




Les autres primates présentent un modèle très différent de développement cérébral.

 
Chez le chimpanzé, le volume du cerveau représente déjà à la naissance la moitié de celui de l'adulte et sa croissance est pratiquement terminée en deux ans.

 




La différence de patrimoine génétique entre l’homme et le chimpanzé, qui ne porte pourtant que sur 1,6 % des gènes, a donc des conséquences très importantes, en termes de développement cérébral, mental et comportemental (Cf. l'article L'homme, l'animal, l'éthologie). Je recommanderai donc de se méfier des argumentaires qui s’appuient sur la faiblesse des différences génétiques pour inférer des conclusions morales ou juridiques tendant à assimiler les grands singes aux hommes.

 

Les développements modernes de l’éthologie et de la biologie, nous confirment ce qu’a dit le philosophe René Descartes au XVIIe siècle : 

 

-         Contrairement aux animaux, l’homme est doué de la parole et de la raison.

-         Les animaux ne font qu’obéir à leur nature ‒ aujourd’hui on dirait « instinct » plutôt que nature.

-         Seul l’homme dispose du libre-arbitre.

 


Ces différences sont essentielles par un certain nombre de leurs conséquences. Elles n’empêchent pas, bien au contraire, de ressentir des émotions, pour certains d’entre nous très fortes, dans les rapports que nous nouons avec les animaux. J’y
reviendrai.

                                                                                                                



Bibliographie


René Descartes, Discours de la méthode, Cinquième partie






L'homme, l'animal, l'éthologie
L’homme, l’animal, les Lumières
Requiem pour les animaux abattus
L'élevage, l'abattoir et la Shoah
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 13:26


 

Les éthologistes, c'est-à-dire les observateurs des comportements animaux et humains, mettent en évidence des différences entre l'homme et l'animal.


La fonction impérative ou injonctive du langage sert à exprimer une demande.


En plus de cette modalité impérative, les mots, mais aussi les gestes, peuvent être dotés d'une fonction déclarative.

 



L’homme, très précocement, entre neuf et douze mois, appelle l’attention de son entourage sur des évènements rares, exceptionnels, de l’environnement proche.





Les animaux jamais, alors que pour cela ils n’ont pas besoin du langage.

 




Ainsi, quand un enfant de deux ans s'écrie en le montrant du doigt : « Avion ! », c'est pour indiquer à son entourage
qu'il a vu un objet,  que cet objet est un avion, qu'il sait le désigner,  qu'il souhaite que l'autre regarde. Autrement dit, l'enfant communique pour partager son intérêt pour un objet, une action ou une situation, en dehors de tout contexte de demande.

 

La fonction déclarative du langage est utilisée pour apporter une information sur le monde et l’échanger avec autrui.
Seul l’homme fait usage du mode déclaratif du langage.

 



Les animaux, y compris des chimpanzés que l’on a entraînés à l’utilisation de symboles graphiques, font un usage exclusivement injonctif des signaux.
Cet usage est d'ailleurs largement suffisant pour faire face aux nécessités biologiques de la reproduction, de la recherche de nourriture ou encore de l'évitement des prédateurs.

 

Un caractère est sélectionné non parce qu’il est bénéfique pour l’espèce mais parce qu’il est bénéfique pour l’individu.

 

Le langage humain, qui appelle l’attention des autres sur un objet ou un évènement, est altruiste. Pourquoi a-t-il été sélectionné ?

 



L’homme est un animal politique. On peut dire que sa niche écologique est la politique, c’est-à-dire les stratégies d’alliance.

 




Dans toutes les sociétés, lorsque les règles de politesse le permettent, l’homme cherche à prendre la parole, à se faire écouter, à faire reconnaître sa compétence oratoire et sa pertinence. Car il veut être reconnu pertinent pour être choisi comme allié.

 

Comme il y a une « lutte pour la vie » il y a une sorte de « lutte pour la pertinence ».

 

L’origine de la « tchatche » en somme !

 

On pourrait aussi parler des différences de comportement entre l’homme et l’animal le plus proche de lui, le chimpanzé. Cela mène assez loin.

 

Disons seulement quatre choses.


Le chimpanzé aussi est un animal politique, mais chez lui les alliances se nouent sur la base de la force physique.


Un chimpanzé, lorsqu'on lui barbouille une tache sur la face et qu'il se regarde dans un miroir, essaye de l'effacer en portant la main à son visage et non sur le miroir. Chez les animaux, seuls les grands singes  sont capables de cette performance. On a tendance à l'interpréter comme l'embryon d'une conscience réflexive.

 

Un chimpanzé perçoit qu’un congénère le regarde. Mais il se désintéresse de ce qu’un de ses congénères en regarde un troisième : il ne regarde pas un congénère regarder un autre congénère.

 

Un chimpanzé est capable de s’intéresser à ce qu’un des ses congénères « pense » de lui. Mais il est incapable de se représenter ce que voudrait dire : que pense Jojo de ce que pense Lulu de moi ? (En toute rigueur il vaudrait mieux remplacer le mot « penser » par le mot « percevoir »). L’homme, quant à lui, est capable de se poser ce genre de question jusqu’au cinquième degré au moins, certains scientifiques pensent même, jusqu’au septième.

 

Les éthologistes se méfient des interprétations qui prétendent pouvoir, derrière l’observation de comportements, déceler les représentations subjectives que l’animal objet de l’observation se fait de la situation dans lequel il est mis. Le plus souvent ces interprétations ne sont que des projections anthropomorphiques. Pour approcher les représentations animales, il faut mettre en œuvre des protocoles expérimentaux extrêmement subtils et coûteux. Les résultats sont donc assez peu nombreux.

 

Je ferai ici la critique sinon de l'étude dont je n’ai pu prendre connaissance du compte-rendu original conduite en 2008 aux USA sur des singes capucins, du moins de ce qui en a été rapporté dans des revues de vulgarisation.
 

Dans un premier temps deux singes capucins sont récompensés, pour une tâche à accomplir, par une tranche de concombre.

Dans un deuxième temps, un des deux singes est dorénavant récompensé par un grain de raisin, fruit dont les singes capucins sont très friands, l’autre toujours par une tranche de concombre. Celui qui est récompensé par la tranche de concombre manifeste activement sa désapprobation et refuse désormais d’accomplir la tâche.

 



L’interprétation rapportée par les vulgarisateurs est que cette expérimentation montre que le sentiment d’équité se manifeste chez les singes capucins. Les hommes ne seraient donc pas les seuls à éprouver ce sentiment. Dans l’évolution des espèces le sentiment d’équité, éminemment moral, aurait précédé l’apparition de l’Homme.

 




Mais une autre interprétation est parfaitement possible : les singes capucins éprouvent le sentiment de la jalousie. Qu’est-ce qui distingue la jalousie du sens de l’équité ? Ce n’est pas évident. Mais est-ce qu’un véritable sens de l’équité n’aurait pas été que le singe obtenant la récompense la plus convoitée, le grain de raisin, « se mette en grève » jusqu’à ce que son copain reçoive la même récompense que lui. Ce serait sans doute la manifestation d’un comportement véritablement moral, car non pas égoïste mais altruiste.

 
Cet exemple montre qu’il est très facile de sur-interpréter.

 
Et je prendrai le malin plaisir de conclure en mettant en évidence la naïveté d’un éminent universitaire, Michael Ruse, qui enseigne la philosophie dans une grande université américaine. Dans le numéro hors série de Science et Avenir de juin/juillet 2004 on lit sous sa plume la déclaration suivante : « J’ai des chiens à la maison et il me semble qu’ils possèdent un sens moral. […] ils manifestent de la culpabilité, même quand ils sont tout petits. Je rentre à la maison et, bien avant de découvrir une bêtise quelconque dans le salon, je sais que tel chien a fait quelque chose de mal : le regard détourné, la queue basse, il va dans une autre pièce. » Vraiment ? Ils ressentent de la culpabilité quand ils ont la queue basse ? Ça ne pourrait pas être aussi bien la crainte de se faire engueuler par le maître ?  Dans la société canine, la queue basse est un signe de soumission au chef de meute.



Bibliographie



Jacques Vauclair, L'intelligence de l'animal, in Université de tous les savoirs, Volume 2, Qu'est-ce que l'humain ? Éditions Odile Jacob

 








Jean-Louis Dessalles,
Aux origines du langage, une histoire naturelle de la parole, Éditions Hermès

 

 

 




 


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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 18:27



Dans son Cours familier de philosophie politique Pierre Manent expose de façon lumineuse deux conceptions de la morale, tenue l’une par Jean-Jacques Rousseau, l’autre par Emmanuel Kant. Ces deux philosophes des Lumières ont profondément marqué notre monde moderne. Je vais essayer de résumer ces deux conceptions, la première fondée sur la pitié, la deuxième sur la dignité.


 






Pour Jean-Jacques Rousseau, dans la pitié sensible, physique, je communique immédiatement avec l'autre, car la souffrance de l'autre, je sais que je pourrais aussi l'éprouver, je ne l'éprouve pas et j'éprouve le plaisir de ne pas souffrir. La pitié a donc deux composantes égoïstes : la peur de souffrir et le plaisir de ne pas souffrir. Fonder une morale sociale sur la pitié n'a donc rien d'utopique.







 





Pour Kant, la dignité réside dans le rapport de l'homme à la loi morale, une loi qu'il se donne à lui-même, à l'égard de laquelle il éprouve un sentiment de respect, qu’il découvre en soi et qu’il ne peut pas effacer. Respecter la dignité de l'autre homme, c'est respecter le respect qu'il ne peut pas ne pas avoir pour la loi morale en lui, fût-il le pire criminel, et le respect qu'il ne peut pas ne pas éprouver pour lui-même par suite de la présence en lui de la loi.

 









Quelles sont les conséquences de ces deux positions ?

 


Si la compassion est fondée sur la ressemblance, cette ressemblance n'est pas proprement humaine. En effet, s'il s'agit de prendre soin des êtres vivants qui souffrent, alors les animaux ont autant de droit à notre compassion que les hommes. Une morale fondée exclusivement sur la compassion tend donc à affaiblir la conscience et le sentiment de la spécificité humaine.


 


La dignité exige que l'homme ne puisse être utilisé par aucun autre homme simplement comme moyen. Il faut toujours qu'il le soit aussi comme une fin. C'est en cela que consiste sa dignité, grâce à laquelle il s'élève au-dessus des animaux, lesquels ne sont pas des êtres humains et peuvent être utilisés.



 

Pour dire les choses lapidairement, c’est l’aptitude au sens moral de tout homme qui fonde la dignité humaine et c’est le respect en chaque être humain de cette dignité qui fonde notre commune, universelle et distinctive humanité. Cette position philosophique rejoint d’ailleurs l’observation de bon sens que seul l’homme se pose la question morale, c'est-à-dire celle du bien et du mal, ce qui le distingue indubitablement de l’animal.

 


On peut remarquer que ce principe énoncé par Kant au xviiie siècle ne sera institué en norme juridique qu’en 1948 par la
Déclaration universelle des droits de l´homme, dont la première phrase est ainsi rédigée :

 
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »

 

En effet, la position philosophique de Kant, à savoir que l’homme est le seul être moral, a beau relever du bon sens, elle est moins spontanée que la compassion.


 

Pourquoi ?



Parce que la compassion aurait des bases neurobiologiques.

 


Des études ont montré que lorsque nous voyons quelqu'un faire un geste, nous nous imaginons en train de faire le même geste sans en être conscients.

Les zones du cerveau activées lorsque nous voyons les gestes effectués par un autre recouvrent partiellement celles qui sont activées lorsque nous faisons nous-mêmes ces gestes.

Autrement dit, une partie de notre cerveau imagine l'accomplissement de l'action dont nous sommes témoins, bien que ce soit inconsciemment et que la séquence motrice soit inhibée. (Les nourrissons semblent avoir le même système moins l'inhibition finale, ce qui les amène à imiter les autres.)



 




Cela pourrait expliquer ce résultat surprenant : en regardant les autres pratiquer un sport, on fait des progrès dans ce même sport, pas autant que ceux qui, en plus, s'entraînent pour de bon. C’est cependant pourquoi le visionnage de cassettes est entré dans l’arsenal des méthodes des entraîneurs sportifs.


 



On a aussi montré que la perception de la douleur est prise en charge par une structure spécialisée du cerveau et que la structure du cerveau qui traite l’expérience de la douleur d’autrui la recouvre en partie. Le fait que le spectacle de la douleur provoque en nous des émotions spécifiques résulte d'une stimulation de ce système.




 

Si la compassion est une de ces émotions spécifiques, alors la morale de la compassion a de beaux jours devant elle, car elle aurait un fondement neurobiologique. Je ne veux pas dire par là que la compassion soit un sentiment à rejeter. Je veux signifier qu’en rester au niveau de la compassion est insuffisant. Si on en reste à la seule compassion on risque d’être conduit à bien des bêtises, notamment dans les cas où il convient de peser le moindre mal. En effet, comme chacun sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions et Qui veut faire l’ange fait la bête.

 

 



N.B.

 

Si, à proprement parler, Descartes ne peut être rattaché aux Lumières, il a néanmoins profondément marqué la modernité. Aussi voudrais-je ici rectifier une erreur couramment entretenue à son sujet.

 

Descartes n’a pas prétendu que les animaux sont des machines insensibles qui ne souffrent pas. Il a dit que si l’on voulait comprendre le fonctionnement du corps humain ou animal, il fallait y appliquer les méthodes de la science, et le considérer comme une machine. Descartes se réfère à la machine comme modèle, car la mécanique était à peu près la seule science de la nature déjà bien assise de son temps. En fait, il posait ainsi les principes intellectuels indispensables au développement de sciences telles que l’anatomie ou la physiologie animales.








Bibliographie

 



Pierre Manent,
Cours Familier De Philosophie Politique, Éditions Fayard

 










Pascal Boyer, Et l'homme créa les Dieux, Éditions Robert Laffont

 










Paul Mazliak, Descartes, De la science universelle à la biologie, Éditions Vuibert









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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 23:21



 En 2001, aux Pays-Bas, durant l’épisode de fièvre aphteuse qui a touché l’Europe de l’ouest, alors qu’on abattait de nombreux animaux pour prévenir l’extension de l’épizootie,  il a été appelé à une manifestation de protestation contre le massacre des innocents.






A cette occasion des poètes et des chanteurs ont composé chacun un requiem pour les animaux abattus.



Le massacre des innocents est un passage célèbre du Nouveau Testament. Un requiem est une prière dite pour la paix de l’âme d’un défunt. Cette manifestation avait donc un arrière-fond religieux.



En 2004, la société royale de prévention contre la cruauté envers les animaux a invité les chrétiens britanniques, lors d’un office dominical, à consacrer une prière au salut de l'âme des animaux qu'ils consomment. L'auteur de la prière était titulaire à l'université d'Oxford de la première chaire au monde de théologie et bien-être animal.





Ces discours postmodernes voudraient nous conduire à penser que le Dieu des Juifs et des Chrétiens ne s’intéresserait pas seulement à condamner la cruauté envers les animaux* mais nous demanderait aussi de nous préoccuper du sort de leur âme supposée, en contradiction avec toute la tradition hébraïque et chrétienne.


Quel intérêt y-a-t-il à se préoccuper de cette tradition ?



Je pense que pour comprendre une civilisation, une culture, on ne peut se passer de revenir à ses textes fondateurs. Même s’ils ne sont plus guère lus, ils ont nourri cette culture pendant des générations. Les élites, en l’occurrence les théologiens, les philosophes, les moralistes, les juristes, les savants, les artistes, les écrivains, les poètes, ont lu et relu ces textes, les ont disséqués, les ont incorporés dans leur vision du monde, qui s’est diffusée ainsi à la société tout entière et aux générations successives, y compris la nôtre. 

 


Je ne sais si on lit encore beaucoup Confucius en Chine, mais il est difficile de comprendre la société chinoise d’aujourd’hui si on ignore Confucius. Nous ne lisons pas nous-mêmes Confucius, mais si des spécialistes de la Chine nous parlent de celle-ci sans l’avoir lu, c’est qu’ils n’ont pas vraiment fait leur boulot, et que ce sont de piètres spécialistes, car la Chine contemporaine est encore marquée par la pensée de Confucius

 



Pour l’Occident, il en est de même. Et quand bien même les militants de l’anticléricalisme s’en défendent, quand bien même les militants catholiques traditionalistes s’en défendent tout autant ‒ bien qu’en sens inverse ‒ les valeurs modernes d’égalité, de démocratie et des droits de l’homme sont issues des valeurs véhiculées par le christianisme, même s’il a fallu plusieurs siècles et de nombreux soubresauts pour qu’elles s’épanouissent.

 


Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail ; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent.” Dieu créa l’homme à son image ; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois. Dieu les bénit en leur disant : “Croissez et multipliez ! Remplissez la terre et soumettez-la ! Commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, à tous les animaux qui se meuvent sur la terre !”
 

 

Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour comprendre que ces versets fondent à la fois l’éthique de l’occident judéo-chrétien et son rapport à la nature et aux animaux.

 


En posant l’homme, et seulement l’homme, comme créé à l’image de Dieu, ce texte affirme la dignité de l’humanité et de la seule humanité. En effet seul l’homme a Dieu pour interlocuteur et il est donc le seul porteur de la dignité que confère ce dialogue avec Dieu.

 


En creux il nous suggère qu’élever l’animal à la dignité de l’homme reviendrait à ramener l’homme à l’animalité.

 





Le principe de la seule dignité humaine est la pierre angulaire de l’humanisme occidental. C’est un axiome philosophique ou religieux. On peut ne pas y adhérer mais il ne peut trouver ses fondements ni sa contradiction dans la science car il relève de la morale.

 

Cette singularité de la dignité humaine a longtemps été reprise par la tradition théologique et philosophique de l’Occident, à quelques rares exceptions près.

  











C’est bien cette tradition qui, en Occident, est à la source du caractère sacré de la personne humaine, de l’humanisme moderne, de la démocratie et des droits de l’homme.
 

 



* Toutefois, aucune créature, tant que son sang maintient sa vie, vous n’en mangerez.


Bibliographie

Ancien Testament
Gen 1, 26 - 28
Gen 9, 1 - 7
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