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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 18:13



Tous les samedis, de la mi-novembre au début mars, se tient à Richerenches un marché aux truffes.

C’est un marché dit « de production », où se rencontrent producteurs d’un côté, négociants ou courtiers de l’autre.



Trente courtiers référencés y achètent leurs truffes aux producteurs qui viennent de l’Enclave des Papes, du sud de la Drôme et même quelquefois des versants du Ventoux.



C’est le plus gros marché de production d’Europe, parait-il. La moitié de la production française se vendrait sur le marché de Richerenches. Les statistiques concernant la truffe étant assez aléatoires, je ne puis garantir cette information.

Le premier marché de la saison se tient le jour où le ban des truffes est prononcé. Cette année ce fut le 21 novembre.



Le marché de gros se tient sur le cours du Mistral.







Un marché de détail consacré aux produits de bouche se tient avenue de la Rabasse.

 





Affluence sur le cours du Mistral.







Les transactions se font « au cul des voitures ».

 






Le conditionnement pour l’expédition ! 
 








La balance électronique.













La pesée au peson !

 











La négociation.









Chez les négociants et les courtiers, c’est comme chez les paysans ou les artisans :



il y a ceux qui sont à l’aise,







et ceux qui débutent.









Pendant le marché, les rues du village sont encore plus tranquilles que d’habitude.


 


Au marché de détail, avenue de la Rabasse, il y a de tout.




La truffe vendue au particulier.







Les plants de chênes truffiers pour les planteurs.



 





De la jolie
brocante.









Les légumes du maraîcher.

 







Les escargots de l’Enclave.







Des fleurs pour égayer l’hiver.


 






Ça y est, c’est fini !








Les huîtres de Bouzigues, compte tenu de l’affluence de la clientèle, n’ont pu être photographiées qu’à la maison.









Après l’effort, le réconfort : huîtres et brouillade aux truffes ! Mmmmm !







 


 

 

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 00:06




Un album de photos consacré à Vaison-la-Romaine est en ligne (ici).

 

Aujourd’hui la commune de Vaison-la-Romaine s’étend sur 2699 hectares et compte 6429 habitants.

 



Vaison fut la capitale des Voconces, peuple d’origine celte.
Sous l’empire romain la ville prend son essor dans la seconde moitié du Ier siècle après J-C avec l’édification du théâtre, du pont, des thermes…



Elle connaît sa plus grande splendeur au IIe siècle. Elle couvre alors 70 à 75 hectares. Elle est l’une des villes les plus riches de la Narbonnaise. Aujourd’hui 15 hectares de vestiges ont été mis au jour. Le reste de la ville antique est toujours enseveli sous la cité moderne.

 



Le musée archéologique offre une large place aux statues impériales qui ornaient le mur de scène du théâtre.




L’une des œuvres les plus célèbres du musée est un magnifique Apollon lauré du IIe siècle en marbre. On y admire aussi de superbes mosaïques qui décoraient une luxueuse demeure gallo-romaine.




Après la chute de l’empire romain, Vaison devint un centre religieux important.

 Un évêché y exista dès le IVe siècle.

 


La cathédrale Notre-Dame de Nazareth construite au XIe siècle était au centre d’une cité médiévale aujourd’hui disparue.






Adjacent à la cathédrale, le cloître se compose de quatre galeries ajourées d’élégantes arcades. Le réfectoire, le dortoir et la salle capitulaire ont aujourd’hui disparu. Les abords ombragés et la tranquillité du cloître en font un lieu de quiétude et de repos pour l’âme.

 



Au XIIIe siècle la population chercha refuge sur le rocher, au pied du château, construit en 1195 par Raymond VI, comte de Toulouse.




On entre dans la haute ville par une porte fortifiée du XIVe siècle, que domine le beffroi.




La cité, protégée par ses remparts, occupait environ trois hectares, selon une trame irrégulière de ruelles. Les rues principales ont été aménagées selon les lignes de niveau pour faciliter la circulation et l’établissement des habitations nobles et bourgeoises.






Ces rues sont bordées par de très belles façades d’hôtels particuliers datant des XVIe et XVIIIe siècles et ponctuées de superbes fontaines.




L’église-cathédrale, commencée dans la seconde moitié du XVe siècle, est fermée au public dans l’attente de sa restauration.





Au XVIIe siècle, quelques habitants se réinstallent dans la plaine, mais ce n’est vraiment qu’au XIXe siècle que les nécessités du développement urbain contraignirent la ville à quitter son promontoire.

 



La promenade que je vous propose dans l’album n’emprunte pas l’ordre historique. Elle débute par les charmantes places ombragées, les belles portes anciennes et les étroites rues pavées de la haute ville.





Elle donne ensuite un aperçu du pont romain et du château de Raymond VI, comte de Toulouse, aujourd’hui en ruines.






Elle se poursuit dans le haut lieu de l’ancienne cathédrale Notre-Dame de Nazareth et de son cloître inoubliable.







Elle s’achève avec l’émotion procurée par le fameux Apollon lauré et par l’incomparable mosaïque aux oiseaux.




En dernier lieu elle réserve une surprise gourmande.


























 


 

 

À lire



Ceux qui aiment cette région, dont la gentillesse des habitants est grande et dont la spécificité est de n'être historiquement et culturellement  pas vraiment provençale,  en trouveront une subtile évocation dans le très beau roman de Iain Pears, Le songe de Scipion. Ceux qui ne la connaissent pas l'imagineront sans peine. Tous seront subjugués  par  la profondeur de cette histoire aux accents tragiques et seront tenus en haleine par l'action, qui se déroule entre Vaison-la-Romaine et Avignon à trois époques historiques au Ve siècle dans l'Empire romain en voie de dissolution, pendant la grande peste de 1347-1348 et durant les années d'apogée du nazisme, en particulier sous l'Occupation.








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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 15:51

 


Les Phares

 

Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;



Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ;



Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ;



Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;



Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand cœur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats ;



Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;



Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;



Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours verts,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir de Weber ;



Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C'est pour les cœurs mortels un divin opium !



C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !



Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

 

 

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 01:55

Le blog s'est mis à sa grille d'été ! Il y aura donc quelques récréations avant de reprendre les choses sérieuses  à la rentrée.

La première est un des plus beaux poèmes de Baudelaire, Harmonie du soir, que j'ai illustré par l'album qui porte le même titre (l'album est ici).


HARMONIE DU SOIR





Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !








Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !  
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.








Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.







Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !







Charles Baudelaire, Les fleurs du mal






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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 00:06


Un album de photos consacré à Lyon est en ligne ici.





Pour une première promenade dans Lyon, je vous propose de déambuler à Fourvière, dans le quartier Saint-Jean, au Palais Saint-Pierre, place des Terreaux et à l’opéra.

 






La colline de Fourvière est le balcon de Lyon. Certains jours on voit les Alpes se dessiner très distinctement au-dessus de l’horizon.




Au musée de la civilisation gallo-romaine sont exposées les tables claudiennes, plaque de bronze sur laquelle a été gravé le discours prononcé en 48 par l’empereur Claude devant le sénat, dans lequel il défendait l’idée d’accorder l’accès au sénat de Rome aux notables de la « Gaule chevelue ». Ce discours est écrit dans un style lourd et quelque peu embrouillé. Dans les Annales Tacite en donne une version qu’il a réécrite pour en faire un grand moment de littérature.


Adjacent à la primatiale qui lui a donné son nom, le quartier Saint-Jean est un des ensembles urbains les plus étendus et les plus beaux que l’architecture de la Renaissance ait laissé en Europe. Sa réhabilitation a été engagée au temps du maire Francisque Collomb, décédé le 24 juillet dernier. Sur ce plan au moins, Francisque Collomb ne partageait pas les idées de son prédécesseur, Louis Pradel, qui avait paraît-il songé à raser ce quartier incompatible avec un urbanisme sain et moderne !


Le palais Saint-Pierre fut un couvent de moniales bénédictines avant de subir diverses avanies sous la Révolution et de devenir en fin de compte le musée des Beaux-arts de la ville de Lyon.


La place des Terreaux est ornée d’une admirable fontaine due au sculpteur Bartholdi. On ne peut pas dire que l’aménagement de la place entrepris pour en rendre l’usage aux piétons, confié à Buren, ait beaucoup de caractère.



L’opéra a été réaménagé par Jean Nouvel, qui a manifestement et, paraît-il, volontairement tout fait pour le rendre le plus inconfortable possible aux spectateurs. À chaque fois que je vais à l’opéra de Lyon je me demande comment on a pu donner son diplôme d’architecte à Jean Nouvel !




Citation



Discours de l'empereur Claude au Sénat, en 48, rapporté par Tacite.

 Annales - Livre XI

 




XXIV. —  Sans se laisser émouvoir par ces propos et d’autres semblables, le prince les réfuta sans attendre, puis, convoquant le sénat, il commença en ces termes : « Mes ancêtres, dont le plus ancien, Clausus, d’origine Sabine, fut admis en même temps dans la cité romaine et parmi les familles patriciennes, m’exhortent à suivre la même politique dans la conduite des affaires publiques, et à faire venir parmi nous tous les éléments remarquables, où qu’ils se trouvent. 2 Je n’ignore pas, d’autre part, que les Julii sont venus d’Albe, les Coruncanii de Camerium, les Porcii de Tusculum et, sans aller chercher des exemples antiques, que des hommes originaires d’Étrurie, de Lucanie et généralement de l’Italie entière sont entrés au sénat, enfin que cette Italie elle-même a été étendue jusqu’aux Alpes de façon que non seulement des individus, chacun séparément, mais des territoires, des peuples entiers se fondent dans notre nation. ) Alors, une paix profonde à l’intérieur ; et notre situation était brillante face à l’étranger lorsque les Transpadans reçurent le droit de cité, lorsque, grâce au spectacle de nos légions, installées dans tout l’univers, et en nous adjoignant ce que les provinces avaient de plus solide, on vint au secours de l’empire épuisé. Regrettons-nous que les Balbi soient venus d’Espagne, ou encore que des hommes remarquables soient venus de Gaule Narbonnaise ? Leurs descendants demeurent et leur amour pour notre patrie ne le cède en rien au nôtre. 4 Quelle autre cause amena la perte des Lacédémoniens et des Athéniens, qui, pourtant, possédaient une grande puissance militaire, sinon qu’ils refusaient d’admettre les vaincus, les considérant comme d’une autre race ? Mais notre fondateur, Romulus, témoigna d’une sagesse telle qu’il considéra la plupart des peuples, le même jour, comme des ennemis puis comme des citoyens. Des étrangers ont été rois chez nous ; appeler des fils d’affranchis à des magistratures n’est pas, comme beaucoup le croient à tort, chose récente, mais cela s’est souvent fait sous le régime précédent. 5 Certes, dira-t-on, mais nous avons combattu contre les Sénons; apparemment, les Volsques et les Éques n’ont jamais rangé face à nous une armée en bataille? Nous avons été pris par les Gaulois; nous avons aussi donné des otages aux Étrusques et nous sommes passés sous le joug des Samnites. 6 Et pourtant, si l’on passe en revue toutes les guerres, on verra qu’il n’en est aucune qui ait été achevée en un temps plus bref que la guerre des Gaules. Après cela, ce fut une paix constante et loyale. Désormais, mêlés à nous par la façon de vivre, les arts, les alliances de famille, qu’ils nous apportent leur or et leurs richesses plutôt que de les garder pour eux ! 7 Tout, Pères conscrits, ce que l’on considère maintenant comme antique fut, en son temps, nouveau : des magistrats plébéiens après les magistrats patriciens, des magistrats latins après les plébéiens, des magistrats issus des autres nations italiennes après les Latins. Cette mesure-ci vieillira elle aussi et, ce qu’aujourd’hui nous devons justifier par des précédents comptera parmi les précédents. »

XXV. — I  Le discours du prince fut suivi par un sénatus-consulte et les Éduens obtinrent les premiers le droit d’être sénateurs dans la Ville. (…)



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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 15:20


Un album de photos consacré au village de Grignan est en ligne (ici).



Le charme méridional du village de Grignan n’est rien en regard de la majesté et du caractère unique que lui confèrent deux œuvres architecturales majeures : la collégiale Saint-Sauveur et le château.   





L’édification de l’église Saint-Sauveur date des années 1535-1542. Érigée en collégiale en 1539 par le pape Paul III, sa façade Renaissance contraste avec l’intérieur qui appartient à la tradition gothique méridionale. Son implantation au flanc du rocher qui porte le château contribue à accentuer l’impression de grandeur et de magnificence du site, renforcée par la présence de deux puissantes tours carrées de façade et de hauts contreforts. Son toit sert de terrasse au château.

Le retable et la peinture du maître-autel, les boiseries du chœur, les autels latéraux et les fonts baptismaux, sont du xviième siècle. L’orgue est daté de la deuxième moitié du xviième siècle. La plaque commémorative située dans le chœur rappelle la mémoire de Mme de Sévigné, inhumée dans la collégiale le 18 avril 1696.


Construit sur une éminence dominant la plaine, le château de Grignan a connu de nombreux remaniements au fil des siècles. A la fin du xvème siècle et au xvième siècle, d’importants travaux sont entrepris pour moderniser le château médiéval et en faire une confortable demeure Renaissance. Au xviième siècle, le comte François de Castellane Adhémar, comte de Grignan, celui-là même qui épousa la fille de la marquise de Sévigné, réaménage et harmonise l’ensemble des bâtiments et édifie en 1688 une nouvelle aile. Le château subira de profondes dégradations à l’époque révolutionnaire. Les ruines du château sont acquises en 1838 par un notable de Grignan qui entreprend sa reconstruction.  Des travaux de restauration sont entrepris au xxème siècle, à l’initiative de la nouvelle propriétaire des lieux, Mme Fontaine.  Le département de la Drôme l’acquiert en 1979 et poursuit le programme de restauration de l’édifice et de ses collections.


Le lavoir public fut édifié en 1840 dans le style néoclassique, inspiré du temple de l’Amour du petit Trianon à Versailles.


Marie de Rabutin-Chantal, petite-fille de Jeanne de Chantal, naît le 5 février 1626 à Paris. En 1644 elle épouse le baron Henri de Sévigné. Françoise-Marguerite de Sévigné, sa fille, naît le 10 octobre 1646 et épouse en janvier 1669 le comte de Grignan. A l’automne 1669, le comte de Grignan est nommé lieutenant général du Languedoc. Madame de Sévigné écrit ses premières lettres à sa fille en 1671. Elle ne vint que trois fois au château de Grignan, , en 1672, 1690 et pour finir en 1694. A l'époque, le voyage de Paris prenait plus de quinze jours avec, de Lyon à Montélimar, une descente périlleuse du Rhône en coche d'eau. Elle mourut au château de Grignan le 17 avril 1696. Elle repose dans la collégiale Saint-Sauveur.


Madame de Sévigné se plaignait vivement du climat frigorifiant de Grignan. Il faut dire que nous étions en plein cœur du petit âge glaciaire, si bien décrit par Emmanuel Le Roy-Ladurie, âge qui prit fin, n’en déplaise à nos écolos modernes, avant les émissions récentes des gaz prétendument responsables du réchauffement climatique.

Citation

 

Une des plus célèbres lettres de la Marquise

 

A M. de Coulanges

 

A Paris, ce vendredi 15 décembre (1670).

 

Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd’hui, la plus brillante, la plus digne d'envie : enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste, une chose que l'on ne peut pas croire à Paris (comment la pourrait-on croire à Lyon ?) ; une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde, une chose qui comble de joie Madame de Rohan et Madame d'Hauterive ; une chose enfin qui se fera dimanche, où ceux qui la verront croiront avoir la berlue ; une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi. Je ne puis me résoudre à la dire ; devinez-la : je vous le donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien ! il faut donc vous la dire : M. de Lauzun épouse dimanche au Louvre, devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent. Mme de Coulanges dit : Voilà qui est bien difficile à deviner ; c'est Mme de la Vallière. - Point du tout, Madame. - C'est donc Mlle de Retz ? - Point du tout, vous êtes bien provinciale. - Vraiment nous sommes bien bêtes, dites-vous, c'est Mlle Colbert. - Encore moins. - C'est assurément Mlle de Créquy. - Vous n'y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : il épouse dimanche, au Louvre, avec la permission du Roi, Mademoiselle, Mademoiselle de... Mademoiselle... devinez le nom : il épouse Mademoiselle, ma foi ! par ma foi ! ma foi jurée ! Mademoiselle, la grande Mademoiselle ; Mademoiselle, fille de feu Monsieur ; Mademoiselle, petite-fille de Henri IV ; mademoiselle d'Eu, mademoiselle de Dombes, mademoiselle de Montpensier, mademoiselle d’Orléans ; Mademoiselle, cousine germaine du Roi ; Mademoiselle, destinée au trône ; Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de Monsieur. Voilà un beau sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade à imaginer ; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons fait autant que vous.

 

Adieu ; les lettres qui seront portées par cet ordinaire vous feront voir si nous disons vrai ou non.























                                                  Parvis de la collégiale ouvrant sur le chemin menant au château







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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 22:02




Un album de photos consacré au village de Richerenches est en ligne ici





Richerenches est un village situé dans l’Enclave des Papes, territoire du département du Vaucluse enclavé dans celui de la Drôme. L’Enclave des Papes est actuellement un canton formé de quatre communes, Valréas, Grillon, Visan et Richerenches. Richerenches est la plus petite des quatre communes, aussi bien en superficie qu’en nombre d’habitants.


En 1136, le seigneur Hugues de Bourbouton, petite seigneurie à une demi-lieue de Richerenches, fait don de terres à l'Ordre du Temple, dont celle de Richerenches, alors inhabitée et inculte. La première Commanderie des Templiers de Provence y est créée. Les marais sont asséchés et la production agricole se développe autour de l'élevage des chevaux et des moutons. C'est au cours de l'année 1138 que la Commanderie des Templiers devint chef-d'ordre ou préceptorie de Provence. En 1139 Hugues de Bourbouton devient commandeur. La commanderie est alors installée dans un quadrilatère entouré de remparts et de tours. On y trouve des logements, une chapelle, une forge, des bâtiments agricoles et des ateliers d'artisanat.

 

Après la dissolution de l'Ordre du Temple par le pape Clément V la commanderie de Richerenches est attribuée aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui l'abandonnent à leur tour au Pape Jean XXII en 1320. Richerenches devient alors territoire papal au même titre que Valréas et Grillon et, quelques années plus tard, Visan.

Durant le xive siècle, Richerenches, dévasté régulièrement par le brigandage, est totalement inhabité. En 1502, le nouveau propriétaire du village, le Collège du Roure à Avignon ‒ qui avait été bâti et doté
par Julien de Roure, qui devint plus tard pape sous le nom de Jules II ‒  passe un acte d'habitation afin de le repeupler : les premiers habitants viennent s'installer dans les anciennes maisons templières qu'ils remettent en état. Le village s'organise sur les plans de l'ancienne commanderie, les maisons étant regroupées à l'intérieur des remparts ou s’y adossant. Ce plan est encore aujourd'hui celui du village.



De l’époque des templiers subsistent le soubassement de l'abside de l'église et la Maison Templière, dont la salle des chevaliers supporte une nef de trente-deux mètres sur onze. Elle est fortifiée par d’impressionnants contreforts  à mâchicoulis.





Les productions renommées de Richerenches sont d’une part le vin (Côtes du Rhône et Coteaux du Tricastin) et d’autre part la truffe noire improprement dite du Périgord (Tuber melanosporum). De novembre à mars se tient le samedi matin, sur le cours du Mistral, le plus gros marché aux truffes d’Europe.


Lire aussi :
Les Templiers, modernisateurs méconnus








 



























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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 18:38



Si les musées de province sont trop souvent méconnus, que dire des trésors artistiques de nos églises de village ?

 

Pour moi c’est devenu un réflexe,  je me promène dans un village ou un bourg, je pousse la porte de l’église. Je suis bien souvent récompensé. D’un style roman un peu maladroit jusqu’au baroque le plus sophistiqué, des œuvres émouvantes nous parlent de nous, de la vie, de la mort : joie d’entourer le nouveau-né, douceur maternelle, charité, miséricorde, angoisse, douleur, deuil et même professionnalisme, celui avec lequel les évangélistes de l’église de Goux-les-Usiers rédigent leur ouvrage !

 

Malheureusement la porte des églises est de plus en plus souvent close par mesure de prudence, les vols étant en progression. Il faut alors savoir être patient et passer plusieurs fois jusqu’à avoir la chance de la trouver ouverte.

 

Dans mon deuxième album (ici) je vous propose une sélection de photos que j’ai faites pour la plupart dans des petits, voire de tout petits villages en France, quelques unes dans des bourgs, jamais plus qu’une sous-préfecture.

 

Vous y trouverez L’Adoration des bergers de Zurbaran, de l'église de Campana en Corse, dont il était question dans l'article Promenade au musée des Beaux-arts de Lyon .

 

Ci-dessous, deux photos prises dans l’église Saint-Bach à Suze-la-Rousse : Sainte Anne et la Vierge et La Vierge et l'enfant.


 

 




 












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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:40


Les musées de province sont trop souvent méconnus. Pourtant on y éprouve l'émotion procurée par de grands chefs-d’œuvre.

 




C’est pourquoi j’ai mis en ligne un album de photos que j’ai prises récemment au Musée des Beaux-arts de Lyon, installé dans le Palais Saint-Pierre, magnifique bâtiment du xviie siècle (ci-contre sculptures décorant le réfectoire).

 





Pour ma part, outre le musée de Lyon, je ne connais, des grandes villes françaises de province, que le musée de Grenoble et celui de Rennes. A ceux qui auront l’occasion de séjourner dans ces villes, je ne saurais trop recommander de les visiter. Mais je sais bien qu’il y en a d’autres, dans d’autres villes.

 

On trouve aussi des œuvres admirables dans des petits musées de petites villes telles que Villeneuve-lès-Avignon, Pont-Saint-Esprit, Ornans... sans compter un merveilleux Zurbaran dans l'église du petit village de Campana, perdu quelque part en Corse.

 

Ci-dessous une Annonciation de Nicolas Mignard, une Visitation de Philippe de Champaigne et un Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton, tous exposés au musée Pierre de Luxembourg de Villeneuve-lès-Avignon.

 






































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